© AFP/Jean-Pierre CLATOTLe 22 décembre 1995, dans une forêt du Vercors, les corps calcinés de 16 adeptes de l'Ordre du Temple solaire étaient découverts sur un bûcher, tués par balles et quatre armes retrouvées sur place. Le procès en appel de Michel Tabachnik s'est ouvert ce mardi à Grenoble pour deux semaines. Le chef d'orchestre est poursuivi pour "association de malfaiteurs". En première instance, en avril 2001, le procureur avait requis cinq ans de prison contre lui, lui reprochant d'avoir, par ses écrits ésotériques, poussé les adeptes de l'organisation à un "transit vers Sirius", c'est-à-dire à se suicider avec leurs proches. Michel Tabachnik avait été relaxé au bénéfice du doute. Mais le parquet avait fait appel.
Au premier jour de ce procès en appel, Michel Tabachnik s'est décrit comme une personne trop crédule, aveuglée par son goût pour l'ésotérisme et l'histoire des templiers (ordre supprimé par le roi Philippe le Bel en 1314). Il a affirmé avoir cru sans problème à des manifestations surnaturelles mises en scène par celui qui allait devenir le chef de la secte, un ex-bijoutier, Jo Di Mambro. "J'ai participé à cette aventure de façon idéaliste, la fondation avait pour objectif le bien des hommes, on utilisait l'art, on organisait des conférences, on a invité l'astrophysicien Hubert Reeves, le musicien Xenakis..."
Le premier procès avait mis en évidence ses écrits, des textes incompréhensibles pour le commun des mortels, mêlant des notions tirées de l'alchimie, de la Kabbale, de l'astrophysique, ou évoquant "l'imminence de grands cataclysmes et de profondes mutations accompagnant le passage de l'humanité du 4e au 5e règne identifié à la notion de retour vers le père".
"Projet criminel"
Le parquet avait néanmoins eu du mal à démontrer que les textes doctrinaux de Michel Tabachnik, nommés les "archées", devaient placer les futures victimes "dans une dynamique mortifère". Dans son jugement, le tribunal avait indiqué que, pendant "la réalisation des actes préparatoires concrétisant le projet criminel, Michel Tabachnik (était) resté éloigné des activités de la secte". Il n'était réapparu que "pour annoncer aux membres de l'OTS, lors de réunions tenues à Avignon les 9 juillet et 24 septembre 1994, la fin du Temple et de l'ordre templier, et proposer la constitution d'une nouvelle organisation, l'alliance Croix".
Partie civile dans le procès de l'OTS, Alain Vuarnet, qui a perdu sa mère et son frère dans le Vercors, est persuadé qu'il s'agit d'un assassinat pratiqué par un commando. Il a fait exhumer les corps de ses proches et eu recours à un expert qui a affirmé qu'ils avaient été tués à l'aide d'un lance-flamme au phosphore. Mais une expertise officielle avait démenti sa théorie. Entre octobre 1994 et décembre 1995, des "tueries suicides" de membres de l'OTS ont fait 68 morts en Suisse, en France et au Canada, dont le gourou de la secte, Jo Di Mambro, et le "rabatteur", le docteur Luc Jouret.
(D'après agence)
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