Dominique de Villepin, lors des débats à la Cité de la Réussite à la Sorbonne, le 22 octobre 2006 © TF1-LCIMême si c'est loin de l'être pour les magistrats qui décrient le texte, "c'est évident" pour le Premier ministre. Prenant le contre-pied du Garde des Sceaux et comme pour contredire Ségolène Royal, Dominique de Villepin a annoncé dimanche après-midi que la "réforme de la Justice comporterait bien trois volets indispensables", dont celui concernant la responsabilité des juges. En revanche, la réforme du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) n'est "malheureusement pas possible", "compte tenu des échéances" notamment, a déclaré le Premier ministre.
Le volet sur la resposnabilité des juges ne sera pas présenté avec le reste du projet de loi mardi en Conseil des ministres mais directement devant le Parlement, a précisé dimanche soir l'entourage du Premier ministre, pour être retravaillé "compte tenu des observations du Conseil d'Etat". Une manière pour Matignon de montrer qu'il n'y a pas de contradiction avec les dires de Pascal Clément, le ministre de la Justice, de vendredi à Caen. Ce dernier a d'ailleurs affirmé dimanche soir sur France Info avoir été "mal compris", qu'il n'avait "jamais dit" qu'il "retirait le texte" sur la responsabilité des juges, mais seulement que le texte devait être "précisé sur plusieurs points, notamment le caractère grave et intentionnel de la violation des principes de la procédure civile ou pénale". Le député PS André Vallini a aussitôt réagi, accusant M. Clément de "mentir éhontément" et dénonçant une "mauvaise farce".
Ségolène Royal avait jugé dimanche matin, lors des débats à la Cité de la Réussite à La Sorbonne, et ce juste avant l'intervention du Premier ministre, que le gouvernement "manquait de courage et une fois de plus à sa parole" (lire notre article) en retirant comme l'avait laissé entendre vendredi le Garde des Sceaux "par souci de concertation". Cette réforme a été lancée à la suite du fiasco judiciaire d'Outreau qui avait donné lieu à une commission parlementaire chargée d'auditer les dysfonctionnements de la justice. Le député PS André Vallini accuse quant à lui Pascal Clément de "mentir éhontément" et dénonce "une mauvaise farce".
Villepin n'a pas "l'appétit du poste du dessus" |
Dominique de Villepin a aussi affirmé lors de ce débat qu'il n'avait pas "l'appétit du poste du dessus", sous-entendu l'Elysée, tout en refusant une nouvelle fois de répondre à la question de savoir si, oui ou non, il avait l'intention de se présenter à la présidentielle de 2007. "Je ne suis pas un professionnel de la politique, je suis là un peu par hasard (...) Tout le monde pense que c'est formidable de grimper, d'avoir des responsabilités, d'être connu, mais je vais vous dire, c'est pas si simple", a déclaré le Premier ministre. Il a en outre estimé que l'hypothèse d'une candidature de Jacques Chirac à un nouveau mandat présidentiel en 2007 était "légitime" et que la réponse appartenait au chef de l'Etat.
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