Marc Cécillon, archives © DRLe rappel mercredi devant la cour d'assises de l'Isère des faits qui se sont déroulés au soir du 7 août 2004 à Saint-Savin, dans l'Isère, la nuit de la mort de Chantal Cécillon, a mis au jour deux Marc Cécillon, l'ancien rugbyman auteur présumé de l'assassinat : celui du début de soirée et celui au moment du drame.
Le Marc Cécillon qui arrive chez son meilleur ami Christian Béjuy, organisateur d'une fête en l'honneur des jeunes joueurs du club de rugby local, est passablement éméché, "triste et mal à l'aise et ce n'était pas dû qu'à l'alcool". Celui qui, après avoir été prié par son hôte de partir après avoir frappé Mme Bejuy, tire à cinq reprises sur sa femme à l'aide d'un revolver quelques heures après, "n'est plus le même homme", ont raconté nombre de témoins, au troisième jour du procès de l'ancien troisième ligne de Bourgoin (Top 14) devant les assises de l'Isère.
Propos déplacés
Christian Béjuy, qui se présente comme "un ami de 40 ans" de l'accusé, proclame encore aujourd'hui que "c'est un brave mec". C'est que Marc Cécillon, qui ne parle jamais de sa vie privée, commence à s'épancher devant les invités. Catherine Moreno, qui vient de se marier avec un ami d'enfance du rygbyman, raconte : "mon mari me l'a présenté, puis il nous a dit 'mais comment ça va vous sexuellement ? Parce que moi, ça ne va pas du tout, ma femme va divorcer'".
Trouvant ces propos déplacés, M. Béjuy propose à Marc Cécillon d'aller dîner. Celui-ci, s'installant à côté de sa femme Chantal, commence à lui poser des tas de questions. "Il l'ennuyait alors je lui ai dit 'touche pas Chantal, à moi, tu ne me fais pas peur'", affirme Elisabeth Béjuy, meilleure amie de la victime. Marc Cécillon réplique en lui assénant ce que tout le monde a qualifié de gifle mais qui, au vu de l'impressionnant gabarit de son auteur, était plus "un coup de poing" selon Mme Béjuy. Christian Béjuy raisonne son ami, qui lui avoue "avoir fait une connerie", avant de s'excuser puis de quitter la fête.
"Comme s'il avait dessoûlé"
Chantal Cécillon, en pleurs, demande alors à son amie Elisabeth de porter plainte, et lui promet qu'elle ne remettra plus les pieds au domicile conjugal. Quand Marc Cécillon, revenu entre-temps chez lui chercher le revolver, se gare de nouveau devant le domicile des Béjuy, peu avant minuit, seul le fils de la maison, Alexandre, 22 ans à l'époque, le voit sortir un objet de sa voiture puis, distinctement, cacher cet objet -l'arme- sous sa chemise. Il tente de prévenir son parrain, en vain.
Puis l'ancien rugbyman se dirige vers les invités. Là, tous le déclarent changé. "Il était zen et cool", dit Mme Béjuy. "Ce n'était plus le même homme, comme s'il avait dessoûlé", raconte Angel Martin Moreno. "Il marchait droit, il était calme, posé", renchérit sa femme. Aussi, personne ne se méfie quand il parle de dire au revoir "aux femmes". Et personne ne se doute qu'il a une arme. Il fait la bise à une invitée, feint d'embrasser une autre tout en sortant l'arme de son bermuda et tire en direction de sa femme. M. Béjuy, aidé de M. Moreno, tente de le maîtriser et lui crie: "Putain Marco, qu'est-ce que tu as fait ? Tu as tué Chantal, la mère de tes filles !" "Mais non, je ne l'ai pas tué, c'est de l'amour", hurle Cécillon.
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