Cécillon : "je n'ai pas voulu tirer sur elle"

Par D.H. (avec agence), le 06 novembre 2006 à 12h57 , mis à jour le 06 novembre 2006 à 21h46

Le procès en assises de l'ex joueur du XV de France pour le meurtre de sa femme en 2004, alors qu'il était saoul, s'est ouvert lundi à Grenoble.

TF1-LCI/AFP-J.P.Clatot : Marinette Chapuis Musanot, la belle-mère de Marc Cécillon (gauche), accompagnée de sa petite fille Céline Cécillon (droite), le 6 novembre 2006Marinette Chapuis Musanot, la belle-mère de Marc Cécillon (gauche), accompagnée de sa petite fille Céline Cécillon (droite), le 6 novembre 2006 © TF1-LCI/AFP-J.P.Clatot

Les yeux rivés au sol sous le regard fuyant de ses deux filles, toujours cette difficulté à parler en public sous ce corps massif de rugbyman (1,92 m, 110 kilos). L'atmosphère était lourde à l'ouverture lundi matin du procès de Marc Cécillon, accusé du "meurtre avec préméditation" de sa femme en 2004, devant la cour d'assises de l'Isère à Grenoble. Commençant par un "Bonjour à tous" gêné, l'ancien international, costume noir et cravate, a décliné son identité sans regarder ses filles, Angélique et Céline, qu'il voyait pour la première fois depuis le meurtre de sa femme.

Ces dernières ont fondu en larme à l'arrivée de leur père, menotté. Elles ont aussi quitté la salle d'audience juste avant la lecture de l'arrêt de renvoi, avant d'y revenir. Lui n'a levé les yeux que pour répondre au président de la cour. Expliquant qu'il n'y avait pas grand-chose à préciser, Marc Cécillon a juste affirmé : "je n'ai pas voulu tirer sur elle". L'après-midi devait être consacrée à l'enquête de personnalité de l'ancien champion avec les auditions de plusieurs personnalités du monde du rugby, notamment Bernard Lapasset, président de la Fédération française (FFR), et Jo Maso, manageur du XV de France. Le verdict est attendu vendredi.

Alcool et jalousie

Il a été beaucoup question lors de cette première journée d'audience de la difficile reconversion des sportifs après leur retraite. Serge Simon, ancien rugbyman qui a repris une structure spécifique pour aider les sportifs, a ainsi évoqué ce problème à la barre. La belle-mère de l'ex-joueur, qui risque la réclusion criminelle à perpétuité, a expliqué durant une interruption de séance avoir évoqué avec son gendre son problème d'alcool, sans jamais le nommer : "Je n'ai jamais prononcé devant lui le mot alcool, mais je lui disais : tu es malade, tu dois te soigner (...) Je voulais l'emmener chez le docteur". "Il sait que je ne lui pardonnerai jamais", a-t-elle ajouté.

Marc Cécillon, aujourd'hui âgé de 47 ans, a abattu son épouse Chantal avec un 357 Magnum le 7 août 2004 lors d'une fête organisée par des amis à Saint-Savin (Isère). L'arme du crime était exposée à la barre lundi matin. Le rugbyman, qui avait beaucoup bu cette nuit-là, avait été prié par ses hôtes de quitter les lieux. Mais il était revenu une demi-heure plus tard et avait tiré à cinq reprises en direction de sa femme. L'homme à l'impressionnant gabarit avait ensuite été maîtrisé avec beaucoup de difficultés. Selon des experts psychiatriques, Marc Cécillon était au moment des faits miné par l'alcool et la dépression et hanté par une jalousie maladive. Durant ses deux ans de détention, il a suivi une cure de désintoxication.

Par D.H. (avec agence) le 06 novembre 2006 à 12:57
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12 Commentaires

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  • OK, le 07/11/2006 à 09h34

    "je n'ai pas voulu tirer sur elle..." Rentrer chez soi, prendre un pistoler et pas des moindre (magnum 357), retourner sur ses pas, identifier la personne et lui coller 5 balles dans le buffet..... non, il n'a pas voulu lui tirer dessus !!!!

  • Francois, le 07/11/2006 à 09h21

    Pour avoir aidé un ami , à essayer de s'en sortir , je sais quelles difficultés ; un alcoolique rencontre . Ce procès ast avant tout , le problème de l'alcool , et d'une personnalité , malgré les apparences ; fragile .

  • Sandra, le 07/11/2006 à 09h17

    Pourquoi faut-il toujours chercher un responsable autre que l'assassin lui-même ? Je ne vois pas en quoi le monde du rugby serait responsable de l'acte de cet homme.....La reconvertion s'adresse à toute personne travaillant et quelque soit le domaine...C'est trop facile de rejeter les fautes sur les dirigeants, les entraineurs ou autres..Le responsable est Cécillion lui-même et personne d'autre !! Je trouve scandaleux cette mentalité, on ne parle pas d'un gamin mais d'un homme responsable en tout état de cause...qui doit assumer ses propres actes et doit être punit pour cela...Il détruit sa famille tout seul et je ne vois pas qui peut on incriminer à par lui-meme !! Que la justice fasse son travail !!

  • Aigle, le 07/11/2006 à 00h52

    Les paroles n'ont aucune valeur. Seuls comptent les faits et les actions et cet assassin a bien tué sa femme, même s'il cherche quoi dire pour essayer de faire diminuer sa peine. Le fait qu'il ait été saoûl (vraiment ? A quel degré ?) n'est pas une excuse, c'est même une circonstance agravante. Il mériterait la peine de mort, dans un pays un peu moins taré que le nôtre.

  • Xx, le 06/11/2006 à 23h49

    5 balles avec un 357 magnum, c'est pas un 22, c'est une arme de tueur, comment il a fait pour avoir une arme pareil, je savais meme pas qu'il etait possible d'en acheter. c'est la version bazooka des revolver, la personne visée est sure d'etre tuée, il y'a de fait premiditation meme avec de l'alcool.

  • BILLAUD Annick, le 06/11/2006 à 21h00

    Quand je pense qu'il existe encore des personnes qui vantent le plaisir de l'alcool !

  • René, le 06/11/2006 à 20h43

    Il y a quelque chose de pourri au Royaume de France,un commerçant réalisant de mauvaises affaires,un agriculteur ruiné par la météo,un éleveur endétté par mauvaise gestion seront jetés en pature à la presse,mais un rugbyman ayant eu son heure de gloire sera protégé,choyé par les médias.Et bien non,c´est un assassin comme les autres,et il doit payer comme tout un chacun ayant enlever une mère à ses deux filles,aucune excuse.

  • Didelot, le 06/11/2006 à 17h11

    L'acool,la cigarette,devraient etre interditent au meme titre que la drogue,car les dégats sont les memes.que peut ton faire a une personne qui est alcoolique.je pense quand étant sobre,ceci ne serait pas arrivé malgrés,sa jalousie extrême.Comment peut on enlever la vie de la mère de ses propres enfants,si ce n'est en étant dans un état second du a l'alcool.Maintenant,aucune excuse ne peut pardonner se geste.Seul sa famille proche pouraient avoir un geste de clémence.Etant une personnalité,je pense que la justice sera un peu plus clémente a son égard.

  • FARANT, le 06/11/2006 à 16h56

    Je pense que face à ce procès très médiatique,il s'agît plus du problème de l'alcool que, comme le laisse penser certains avocats et autres personnalités du monde sportif, d'un problème de reconversion professionnelle.

  • Pauline, le 06/11/2006 à 16h02

    Les alcooliques devraient etre désintoxiqués de force, sur simple avis médical. cela éviterait bien des drames.

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