© AFPLe drame familial que vit la famille Cécillon a franchi un nouvel cap mardi, devant la cour d'assises de l'Isère à Grenoble. Angélique et Céline, les deux filles de l'ancien rugbyman Marc Cécillon, accusé du meurtre de sa femme Chantal en 2004, ont pris à leur tour la parole. L'aînée, Angélique, 26 ans, a demandé à son père qui, depuis le début du procès lundi, fuyait son regard de la regarder dans les yeux et lui a dit, en pleurs : "je ne te pardonnerai jamais, mais je t'aime".
Puis la cadette, Céline, 24 ans, s'est écriée : "Je ne sais pas pourquoi tu as fait cela, je ne pardonnerai jamais, je n'ai plus ma mère". Marc Cécillon a alors pris la parole, en pleurs : "Je veux dire pardon à Chantal que j'aimais, pardon à mes filles. Excusez-moi. Je veux dire aussi pardon à Marinette (sa belle-mère), à Marie-Ange et Serge (sa belle famille). Chantal je l'aimais, je ne pensais jamais en arriver là".
Après l'audition lundi et mardi matin de 22 témoins, rugbymen, membres de sa famille et amis, venus dire le plus grand bien du champion, la cour a découvert un autre homme, perdu, rongé par l'alcool et les infidélités. "Il ne courait pas après les filles, c'est les filles qui lui couraient après, Marc était une idole et il ne repoussait pas les avances", explique Odette Berchemin, épouse d'un ancien président du club de rugby de Bourgoin aujourd'hui décédé.
Sa femme acceptait ses infidélités, pas son alcoolisme
Carole Du Moulin, télévendeuse, explique qu'elle a eu un enfant de lui : "J'avais 19 ans, j'ai eu une aventure avec lui, j'étais tout simplement amoureuse, j'ai eu un enfant, Alexandre, qui a été reconnu par un autre mais Marc Cécillon est le géniteur". Et d'ajouter : "Il était marié, je ne lui ai pas demandé de reconnaître l'enfant, j'ai respecté son choix de vie", affirme cette jeune femme d'une voix triste. Selon Mme Berchemin, son épouse Chantal "avait accepté les infidélités, mais elle n'acceptait pas l'alcoolisme".
Une autre amie du couple, Valérie Cassagne, affirme que Chantal lui avait raconté que "trois mois avant le drame, Marc rentrait ivre de plus en plus souvent". Et elle explique qu'elle avait connu le même genre de problème avec son mari rugbyman: "il vivait mal la fin de sa carrière et il ne voulait pas l'admettre, je lui ai dit ou tu fais une thérapie ou je m'en vais, et ça a marché".
"Aller voir un psychologue, ce n'était pas pour moi"
"Marc était devenu très pénible, il s'était mis en tête que Chantal était partie travailler à Lyon afin de le tromper, il était devenu parano, elle avait décidé de faire chambre à part, elle se refusait à lui. J'avais dit à Chantal : attention, tu vas le rendre fou", raconte Valérie Cassagne. "Je regrette de ne pas avoir insisté pour qu'il aille voir un thérapeute".
Marc Cécillon a alors repris la parole : "je n'ai jamais été malade, je n'ai même pas eu la rougeole, enfant. Aller voir un psychologue, je considérais que ce n'était pas pour moi. Je me suis enfermé dans l'alcool tout seul". Un autre témoin, Louis Marchand, qui a eu Marc Cécillon 8 ans en apprentissage, le considère "comme son fils" et le décrit "comme un employé parfait". Mais cet artisan pâtissier a avoué par la suite que "l'alcool le rendait méchant. Sans alcool, il ne serait jamais devenu un assassin". Mercredi, la parole sera donnée aux enquêteurs.
(D'après agence)
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