© AFPLe 7 août 2004 à Saint-Savin, en Isère. L'ex-joueur de rugby Marc Cécillon débarque chez des amis, au beau milieu d'une fête à laquelle il n'était pas convié. Ivre d'alcool et de jalousie, il tire cinq fois à bout portant sur son épouse, Chantal. Elle s'écroule sous les balles de son 357 Magnum. Lui s'effondre en pleurant : "C'est l'amour qui a fait ça !" L'impressionnant gabarit de 1,92 m et de 110 kilos est ensuite maîtrisé avec beaucoup de difficultés. L'ancien avant du XV de France comparaît depuis lundi devant la cour d'assises de l'Isère, à Grenoble, pour "meurtre avec préméditation". Celui qui a fait toute sa carrière de joueur au poste de troisième ligne à Bourgoin (Top 14) reconnaît les faits.
Selon les experts, son discernement était altéré au moment du drame. Miné par l'alcool et la dépression. Hanté par une jalousie maladive. Lorsqu'il a vidé le chargeur de son revolver, l'ancien rugbyman, aujourd'hui âgé de 47 ans, avait près de 3 grammes d'alcool par litre de sang. Son couple battait de l'aile, sa femme avait consulté un avocat. Chantal et Marc s'étaient rencontrés à 16 ans, un coup de foudre.
"L'homme tranquille du rugby français"
Pour la défense, ce drame découlerait de l'isolement qu'a subit Marc Cécillon après l'arrêt de sa carrière sportive. L'ancien numéro 8 ne joue plus depuis 1999. Des figures de l'ovalie devraient venir à la barre témoigner de cette difficile reconversion des sportifs de haut niveau, selon Me Richard Zelmati, l'avocat de Marc Cécillon. Parmi elles : le président de la ligue Serge Blanco et le président de la Fédération Bernard Lapasset. Du côté des parties civiles, "avant d'être un drame du rugby, cette histoire est un drame familial". "Les filles du couple n'éprouvent pas de sentiment de vengeance à l'égard de leur père (...) Elles n'excusent pas le geste mais veulent que la mémoire de leur mère soit préservée", a ainsi expliqué Me Xavier Rodamel à l'AFP.
Après plus de deux ans de détention, au cours de laquelle il a suivi une cure de désintoxication, Marc Cécillon aborde son procès avec beaucoup d'appréhension, a expliqué à l'AFP son avocat, Me Richard Zelmati. "Il a terriblement honte de ce qu'il a fait, et de se présenter devant ses deux filles". Il reverra Angélique et Céline pour la première fois depuis les faits. Celui qu'une biographie sortie en 1998 avait surnommé "l'homme tranquille du rugby français" risque la perpétuité. Le verdict est attendu vendredi.
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