Un violeur libéré par étourderie ?

le 15 novembre 2006 à 17h33 , mis à jour le 15 novembre 2006 à 18h10

Condamné pour le viol de sa soeur, un jeune de 19 ans pourrait être libéré en raison d'une erreur de transcription du jugement, qui indique 6 mois de prison au lieu de 6 ans.

Palais de Justice Procès DroitImage d'archives © TF1

En octobre, un jeune homme de 19 ans avait été condamné à Nice à six ans de prison ferme, pour le viol de sa sœur de 16 ans. Un mois plus tard, le violeur est en passe d'être libéré, en raison d'une erreur de transcription du jugement, a-t-on appris mercredi de source judiciaire. La minute (1) du jugement signée par la présidente du tribunal pour enfant indique une peine de "6 mois" au lieu de la peine prononcée de 6 ans, ce qui a conduit le parquet a déposer en urgence une requête en rectification qui doit être examinée en audience le 1er décembre prochain.

Me Adam Krid, l'avocat du condamné, estime que la "jurisprudence constante de la cour de cassation" a toujours fait prévaloir l'écrit sur l'oral, sauf à démontrer que l'erreur est un faux. "Les juridictions pénales sont sans pouvoir pour modifier les peines prononcées telles qu'elles sont portées sur la minute du jugement signée du président du TGI et du greffier qui seule fait foi", indique l'article 710 du code de procédure pénale.

Il n'a pas "intégré l'extrême gravité des faits" 

L'avocat de la victime, cité par le quotidien Nice Matin, estime que "remettre en liberté le coupable poserait un vrai problème de trouble à l'ordre public pour la société dans son ensemble, pour sa victime et pour lui-même dès lors qu'à la barre il n'avait manifestement pas intégré l'extrême gravité des faits qu'on lui reprochait". Le défenseur de la victime estime qu'il "faut faire appel du jugement" de sorte que, si la rectification du jugement n'est pas acceptée, cette affaire serait rejugée à Aix-en-Provence.

Mais en attendant, Me Krid veut obtenir la remise en liberté de son client, même si ses précédentes demandes ont été réfusées. Il cite le précédent survenu à Montpellier en 1997 dans lequel deux braqueurs avaient été condamnés respectivement à 12 et 9 ans de prison ferme. Or la minute du jugement avait inversé les deux peines. La cour d'appel et la cour de cassation avaient ensuite appliqué l'article 710 du code de procédure pénale, entérinant ainsi l'autorité de la chose jugée. "Cette faute de frappe est sans doute le fruit de la misère de la justice française", a conclu Me Krid.

(1) En droit, une minute est l'original d'un acte conservé au greffe d'une juridiction dans le cas d'une décision de justice ou par le notaire, dans le cas d'un acte notarié.

(D'après agence)

le 15 novembre 2006 à 17:33
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19 Commentaires

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  • Bean, le 16/11/2006 à 11h50

    Il ne faut pas que l'administratif prenne le pas sur l'esprit des lois!!!!!! Et si au lieu d'une condamnation à 3 mois pour une pécadille on vous condamnait par erreur à 3 ans, faudrait laisser faire?

  • Jp85600, le 16/11/2006 à 11h28

    Lamentable, voila ce que c'est de ne pas lire "attentivement" ce que l'on signe, surtout lorsqu'il s'agit de protéger la population ...... Ou va la justice ......

  • Cath, le 16/11/2006 à 10h45

    Et cet avocat (de l'accusé) peut encore se regarder dans un miroir le matin ?

  • JGH, le 16/11/2006 à 07h49

    Il est vrai que seuls les écrits comptent dans un jugement .Mais dans ce cas, ce n'est plus une étourderie, c'est une faute professionnelle lourde passible d'une révocation ! Et dire que chaque ordonnace est censée être relue par un magistrat avant transmission aux intéressés. Cette administration semble truffée de personnes "hautement incompétentes"!!!

  • Vastre, le 16/11/2006 à 05h20

    Encore un belle performance des magistrats !

  • David, le 16/11/2006 à 00h38

    Le plus grave c'est pas l'erreur, ça arrive, c'est l'avocat du violeur qui en profite pour demander la remise en liberté de son client. Je comprend pas comment une pouriture pareille peut se regarder dans une glace le soir après sa plaidoirie...

  • Christophe, le 15/11/2006 à 23h47

    C'est vraiment grave de lire des trucs pareil! y a quelque chose qui tourne pas rond en france dans la justice! qu'une faute de frappe puisse en arrivé là on croit rever!

  • Serge, le 15/11/2006 à 22h56

    La solution est pourtant simple : TOUS les droits du cote du delinquant , TOUS les devoirs du cote de la victime (s'assurer que, faire des sommations , adapter la riposte à ..) RAS LE BOL.

  • Antoine, le 15/11/2006 à 22h01

    6 mois pour le viol de sa soeur, ce n'est pas plus choquant que 6 ans pour le meutrte d'une fillette, saoul au volant d'une ambulance volée ! L'erreur de greffe n'est qu'une erreur, la mansuétude des magistrats à l'égard des délinquants issus de l'immigration est par contre une faute !

  • Cyn, le 15/11/2006 à 19h21

    Pardon???????? On croit rever la!!!!!!!

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