L'arrestation de l'un des braqueurs d'un fourgon de la Brink's © TF1/LCILe 26 décembre 2000, une dizaine d'hommes lourdement armés ouvraient le feu sur un fourgon de la Brink's à Gentilly, puis faisaient exploser une partie de la carrosserie blindée avant de s'enfuir avec un butin estimé à plus de 6 millions d'euros. Dès le lendemain, les enquêteurs de la Brigade de répression du banditisme procédaient à une première vague d'arrestations en découvrant tout l'arsenal des braqueurs dans un pavillon qu'ils utilisaient comme repaire. Des écoutes téléphoniques, des recoupements en fonction de liens d'amitié, et des empreintes génétiques permettaient ensuite de remonter jusqu'au groupe entier.
Le procès de ce braquage se tenait devant la cour d'assises de Paris depuis la mi-novembre. Pour les deux membres les plus emblématiques du groupe, Antonio Ferrara et Joseph Menconi, déjà condamnés pour des braquages mais surtout connus pour s'être évadés chacun deux fois de prison, le verdict est tombé aux premières heures de vendredi, en pleine nuit : une même peine de onze ans de réclusion. Le procès a été entouré de mesures de sécurité exceptionnelles pendant cinq semaines. Après le verdict les avocats des deux hommes ont indiqué qu'ils attendaient de les consulter dans les heures à venir avant de décider d'un éventuel appel. "Malgré le doute on décide de le condamner ! L'opinion qu'on s'est fait de lui a pris le dessus sur la matérialité des faits", a réagi Me Amar Bouaou, avocat de Ferrara, renouvelant ses critiques sur la fiabilité des analyses ADN.
Des empreintes génétiques sur des chargeurs de Kalachnikov
Ferrara, muet à l'énoncé du verdict, a été impliqué dans le braquage car d'après l'accusation, son empreinte génétique a été identifiée sur plusieurs objets retrouvés à Paray-Vieille-Poste, notamment sur des chargeurs de Kalachnikov et un ruban adhésif entourant une grenade. L'avocat général Jean-Paul Content avait requis la semaine dernière douze ans de réclusion contre les deux accusés vedettes, qualifiés de "soldats" recrutés pour seconder les trois "organisateurs" du "coup", soit d'après lui Bruno Celini, Karim Maloum et Jean-Jacques Naudo. Celini, Maloum et Naudo ont été condamné chacun à la même peine de 13 ans de réclusion criminelle.
Treize hommes au total étaient jugés, accusés d'avoir pris part à des degrés divers à ce spectaculaire braquage. La cour d'assises qui a prononcé des peines de prison ferme dans neuf cas, a condamné un des accusés à six mois avec sursis pour détention d'armes illégale, et a acquitté trois hommes, dont Daniel Bellanger, accusé à tort d'avoir été le chef de l'équipe dite "espagnole".
D'après agence
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