3 à 5 ans de prison pour des incendiaires de mosquées

Par D.H. (avec agence), le 08 décembre 2006 à 16h42 , mis à jour le 08 décembre 2006 à 16h58

Les quatre accusés avaient incendié deux lieux de culte musulman à Annecy et dans sa banlieue en mars 2004.

TF1-LCI © TF1-LCI

Des peines de 3, 4, et 5 ans de prison ferme ont été prononcées vendredi par la cour d'assises de Haute-Savoie à l'encontre des principaux auteurs des incendies de deux lieux de culte musulman à Annecy et dans sa banlieue en mars 2004. Ce procès, ouvert lundi, constituait une première dans les annales judiciaires. Agés de 24 à 28 ans, les quatre accusés étaient mis en examen pour "dégradation grave du bien d'autrui à raison de la religion par un moyen dangereux pour les personnes".

Ils encouraient jusqu'à 20 ans de réclusion criminelle. Les avocats des trois principaux accusés -Nicolas Paz, Michel Guégan et Anthony Savino- avaient demandé une peine "juste et non exemplaire" aux jurés alos même que l'avocat général avait demandé d'envoyer "un signal fort à tous les îlots d'intolérance". Il avait requis des peines de 5 à 9 ans de prison.

"Regrets" et "excuses"

Michel Guégan, 25 ans, surnommé "SS" par ses amis et considéré comme "l'idéologue du groupe" par le directeur d'enquête, a été le plus lourdement condamné, avec 5 ans de prison ferme et une privation de ses droits civiques, civils et familiaux de 5 ans. Nicolas Paz, 29 ans, ancien hooligan dans les tribunes du PSG, a écopé de 5 ans de prison, dont un avec sursis. Anthony Savino, 24 ans, alors militaire au 27e bataillon de chasseurs alpins (BCA), est condamné à 5 ans, dont 2 avec sursis. Tous deux ont une obligation de soin et 3 ans de mise à l'épreuve. Michel Guégan et Nicolas Paz, qui comparaissaient détenus, resteront donc en prison. Anthony Savino a été incarcéré. Quant au quatrième accusé, Damien Gallaud, 26 ans, l'un des meilleurs amis de Paz, condamné à 3 ans d'emprisonnement dont 2 avec sursis, il ne retournera pas en prison, ayant déjà effectué un an de détention provisoire.

Trois de leurs amis étaient jugés à leurs côtés, accusés de ne pas avoir dénoncé les faits, alors qu'il aurait encore été possible de les empêcher. La cour d'assises a condamné Bruno Abello, militaire au 27e BCA, à huit mois de prison avec sursis. En revanche, elle a acquitté deux jeunes femmes, anciennes maîtresses de Nicolas Paz.  

Avant le retrait des jurés, les accusés avaient pris la parole une dernière fois, présentant leurs "regrets" ou leurs "excuses" à la communauté musulmane d'Annecy. Ainsi, les trois principaux protagonistes ont assuré qu'ils essaieraient de se "montrer dignes du pardon" accordé par Benabdallah Bentaleb, président de l'assemblée des musulmans de l'agglomération d'Annecy.

Par D.H. (avec agence) le 08 décembre 2006 à 16:42
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