© TF1/LCIJacques Dominati, ancien adjoint de Jacques Chirac à la mairie de Paris, a été relaxé mercredi de l'accusation de fraude électorale en 1989 et 1995 dans le dossier des "faux électeurs". L'ancien maire UDF du IIIe arrondissement de Paris était le principal prévenu de ce procès qui s'est tenu en septembre et octobre dernier. Huit des quatorze autres prévenus ont été condamnés, dont notamment Philippe Dominati, sénateur UMP et fils de Jacques, qui écope de six mois de prison avec sursis et 2000 euros d'amende. Il n'a cependant pas été frappé d'inéligibilité. Le cadet, Laurent Dominati, a été relaxé.
Ce jugement fait suite à six semaines de débats et 17 ans d'enquête pour déterminer la responsabilité des Dominati, mais aussi d'anciens employés de la mairie et responsables locaux du RPR, ancêtre de l'UMP. La fraude des "faux électeurs" aurait consisté à inscrire des centaines de personnes sur les listes électorales du IIIe arrondissement, alors qu'ils ne résidaient pas dans l'arrondissement, afin d'assurer la victoire de la majorité RPR-UDF aux élections de 1989 et 1995. L'accusation avait dénombré 327 "faux électeurs", alors que la défense niait les faits.
Aujourd'hui retraité et âgé de 79 ans, Jacques Dominati n'avait pas contesté avoir su que certains de ses partisans s'inscrivaient indûment, mais avait assuré qu'il s'agissait là d'initiatives "spontanées", datant d'une "époque où ça se concevait qu'on soit électeur dans l'arrondissement, dans la mesure où on y était attaché". Les procureurs avaient requis contre lui un an de prison avec sursis, 2000 euros d'amende et 5 ans d'inéligibilité et de privation de droit de vote. Les huit prévenus condamnés devraient faire appel, ce qui suspendra les condamnations.
| "On risque plus à taguer une mairie" |
Jean-Félix Bernard, membre (Verts) du conseil régional d'Ile-de-France et plaignant dans l'affaire des faux électeurs du IIIe arrondissement de Paris, note que "l'on risque moins en effectuant un hold-up sur la démocratie" qu'en faisant "un tag sur le mur d'une mairie". L'élu était porte-parole des Verts-Paris au début de l'affaire, en 1989, et à ce titre était au nombre des plaignants. Jean-Félix Bernard note que "le jugement reconnaît la pertinence et le bien-fondé des arguments des militants Verts qui ont saisi la justice". Mais il s'insurge contre la durée de la procédure, 17 ans. Selon lui, cela "porte préjudice aux fondements mêmes de la démocratie" et "révèle la difficulté pour des citoyens de faire respecter la loi et la démocratie quand il s'agit de manoeuvres organisées par un clan politique puissant".
Retour MYTF1
Chargement en cours...





