
Dans la nuit du 4 au 5 mars 2004, une salle de prière musulmane située à Seynod, en Haute-Savoie, avait été complètement détruite par un incendie volontaire. Le même soir, la mosquée d'Annecy avait fait l'objet d'une tentative d'incendie, qui ne l'avait que partiellement endommagée. Ces attaques avaient suscité de vives condamnations, notamment du président de la République Jacques Chirac. Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy s'était rendu sur les lieux.
Jusqu'à vendredi, quatre hommes comparaissent devant la cour d'assises de Haute-Savoie pour avoir incendié ces deux lieux de culte. Ce procès, ouvert lundi, constitue une première dans les annales judiciaires. Agés de 24 à 28 ans, les accusés sont mis en examen pour "dégradation grave du bien d'autrui à raison de la religion par un moyen dangereux pour les personnes". Ils encourent jusqu'à 20 ans de réclusion criminelle.
Hooligan dans les tribunes du PSG
C'est le témoignage d'un homme, inquiet des chants nazis entonnés par ses voisins et intrigués par les croix gammées dessinées sur les fenêtres de leur studio, qui mettra les enquêteurs sur la piste des quatre mois, huit mois après les faits. En février 2005, après avoir croisé les appels téléphoniques des suspects, les policiers procédaient à plusieurs interpellations. Dès leur garde à vue, quatre amis reconnaissaient avoir constitué deux groupes pour mettre le feu simultanément aux lieux de culte.
Au cours de l'instruction, il est apparu qu'ils baignaient dans un milieu violent et xénophobe. Ainsi Michel Guégan, 25 ans, était surnommé SS par son entourage et Nicolas Paz, 28 ans, reconnaissait avoir été un hooligan dans les tribunes du Paris Saint-Germain. Tous deux comparaîtront détenus. En revanche, Anthony Savino, militaire du 27e bataillon de chasseurs alpins de 24 ans, et Damien Gallaud, un chauffeur-livreur de 26 ans, ont été placés sous contrôle judiciaire en février 2006 après un an de détention préventive.
"Ils sont d'extrême droite, mais ils n'ont jamais participé à aucun réseau, ou à des ratonnades. Ce sont des électrons libres", a estimé Marc Dufour, avocat de Nicolas Paz, qui espère qu'"on ne se serve pas de ce procès pour faire un exemple". Au contraire, les six parties civiles attendent des sanctions exemplaires. "Ils sont racistes et le demeurent", a assuré Me David Métaxas, avocat de la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (LICRA). "Mais surtout, ils sont passés à l'acte", dit-il.
(D'après agence)
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