Bébés bulgares : les "vendeurs" se défendent

le 24 janvier 2007 à 17h48 , mis à jour le 24 janvier 2007 à 18h11

Au procès du trafic de bébés bulgares, l'image des parents "sauveurs" et des "méchants" vendeurs s'écorne au fil des débats.

TF1/LCI - Ouverture du procès du trafic de bébés bulgares, le 22 janvier 2007Ouverture du procès du trafic de bébés bulgares, le 22 janvier 2007 © TF1/LCI

"Tout ça est plus compliqué que ça en a l'air, quand on explique qu'il y a d'un côté les sauveurs - parents acheteurs - et en face les méchants - vendeurs d'enfants", a convenu mercredi Catherine Feyler-Sapene, la présidente de la 13e chambre du tribunal correctionnel de Bobigny, qui juge depuis lundi parents et intermédiaires d'un vaste trafic de bébés bulgares.

Le doyen des prévenus, Jean Galut, 83 ans, arrière grand-père d'une petite Cendrillon, achetée 4.500 euros en 2002, a reconnu avoir menti en parlant d'une transaction conclue par un merveilleux "hasard". Le doyen, qui comparaît libre comme la quarantaine de parents renvoyés devant le tribunal pour des transactions portant sur 23 enfants entre 2001 et 2005, raconte : "Un couple qui parlait notre langue est passé devant chez moi, je suis sorti. Ils m'ont dit qu'ils voulaient vendre leur enfant et retourner dans leur pays. L'idée m'est venue directement de l'acheter pour ma petite fille. (...) J'étais d'accord sur le prix, ils m'ont laissé le bébé".

Dans le box, deux Bulgares sursautent et demandent la parole pour dire que le vieux gitan ment. Ils reconnaissent en lui un homme passé à leur campement. "Il est revenu une dizaine de fois car à chaque fois il n'y avait pas d'enfant à vendre", déclare Tinka Georgieva, une Bulgare de 35 ans, accusée comme son mari d'avoir aidé à acheminer des femmes enceintes depuis la Bulgarie. Finalement, une des belles-soeurs de Tinka, enceinte, décide d'abandonner son bébé, raconte la Bulgare, et la transaction se fait.

"S'il n'y avait pas d'acheteurs, il n'y aurait pas de vendeurs"

Le vieil homme acquiesce. Il finit par reconnaître aussi qu'il connaît "Vocho", Henri Salva, un Tsigane de 73 ans chargé de trouver les familles françaises prêtes à acheter les nourrissons. Il confirme au procureur que ce Tsigane, absent de l'audience pour raisons de santé, a la réputation de vendre des enfants.

Le faux-témoignage de Jean Galut a délié les langues dans le box. "S'il n'y avait pas d'acheteurs, il n'y aurait pas de vendeurs", explique l'ex-compagnon d'une Bulgare en fuite. Tinka, plus impliquée que Galoul dans le trafic, confirme : "C'est quand on avait des appels qu'on faisait venir des femmes".

Galoul, l'un des entremetteurs présumés, se dit aussi "horripilé d'entendre les acheteurs dire que s'ils n'avaient pas été là, les enfants seraient morts" : "Qu'ils arrêtent de dire que les enfants étaient mal habillés, avaient les fesses rouges ou des croûtes sur la tête!". Charles Ziegler, 37 ans, père "adoptif" de Cendrillon avait affirmé, après beaucoup d'autres, que sa fille "serait morte aujourd'hui" si lui et sa femme ne l'avaient pas achetée. Au procureur Samuel Gillis, qui lui demande si ce n'est pas "une manière de se donner bonne conscience", il répond par l'affirmative.


D'après agence

le 24 janvier 2007 à 17:48
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4 Commentaires

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  • Nico, le 25/01/2007 à 08h52

    S'il n'y avait pas d'acheteur, il n'y aurait pas de vendeur. Comme d'habitude, c'est pas ma faute, c'est celle de l'autre. Mais ils ont raison. En France, on n'est responsable de rien tant qu'on ne fait pas partie des forces de l'ordre. C'est la meilleure ligne de defense qu'ils puissent adopter: celle la, elle va marcher.

  • Vivement que la justice, le 24/01/2007 à 22h42

    Ces "vendeurs" ont cherchés avant tout à gagner de l'argent (et non pas à rendre service) , et ont ensuite forcés les mères de ces enfants à se prostituer ou à mendier. Ou est leur charité d'âme ?? Ils doivent êtres punis comme des esclavagistes.

  • Plaza, le 24/01/2007 à 20h36

    Je pense sincerement qu'il ni a pas de gentil ou de mechant dans cette histoire il ni a aucune excuse on ne vend ni on achete un enfant ils doivent tous etre punis tous autant qu'il sont durant le temps de l'esclavage on a assez traiter les gens comme du betail que l'on achete l'etre humain est de plus en plus decevant l'etre humain est l'animal le plus cruel que la terre est portee

  • BOSCHET, le 24/01/2007 à 18h34

    Je pense que les parents qui ont achetés ses enfants l on fait car se sont des personnes, des couples qui desirais avant tout avoir des enfants mais que malheureusement dans la nature des choses ils n arrivent pas a en avoir et il est vrai qu en france c est difficile et ca m est beaucoup de temps pour adopter des enfants le principal c est que l enfant est en bonne santé physique et mental il faut avant tout penser aux bonheur des couples ne pouvant pas avoir d enfants et aux enfants si la mere a pu abandonné son enfants c est qu elle ne pouvais pas l assumer, de le faire legalement demande du tps et un cout pour les parents adoptif peut etre que la mere pensait que c etait la meilleur solution pour son enfant mais maintenant c est vrai qu il ne faut absolument pas legaliser ce genre de situation car un gros trafic de bebes peut prendre place rapidement avec de plus lourdes consequences comme des vols de bebes ou bien faire des enfants seulement dans l idee de se faire de l argent... donc je pense qu il faudrait punir legerement les acheteurs afin qu ils comprennent que c etait pas la solution par contre les vendeurs eux doivent etre plus lourdement punis car ils ont dû le faire seulement pour l argent sans penser aux biens de l enfant.

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