Le lâcher de l'ourse Palouma le 25 avril 2006 dans les Pyrénées © DRUne ordonnance de non-lieu a été rendue à Pau dans l'instruction sur la mort de l'ourse Cannelle, tuée par un chasseur sur la commune d'Urdos, en Vallée d'Aspe (Pyrénées-Atlantiques) le 1er novembre 2004. Le chasseur, René Marqueze, 64 ans, avait été mis en examen le 7 décembre 2004 pour "destruction d'espèce protégée". Il a toujours affirmé n'avoir tiré qu'en dernier recours, après avoir cherché à éviter l'animal à plusieurs reprises, lors d'une partie de chasse en montagne. L'Etat ainsi que 19 associations environnementales s'étaient portées parties civiles dans le dossier. Deux associations de protection de la nature ont annoncé leur intention de faire appel.
Le juge d'instruction de Pau, Jean-Luc Puyo, "a notifié sa décision aux parties", a précisé vendredi le procureur de la République Erick Maurel, confirmant une information révélée par La République des Pyrénées dans son édition de vendredi. La décision "correspond aux réquisitions du procureur de la République", a-t-il ajouté.
Réactions indignées
La clôture de l'instruction avait été notifiée le 24 octobre dernier. Me Jean-François Blanco, défenseur de deux associations environnementales engagées dans ce dossier, assurait notamment que les chasseurs qui ont organisé la partie de chasse au cours de laquelle Cannelle a été tuée étaient parfaitement informés de la présence de l'ourse dans ce secteur. Le défenseur du chasseur inculpé, Me Thierry Sagardoytho, soutenait pour sa part que son client avait agi en état de légitime défense, l'ourse Cannelle, qui se trouvait alors avec son ourson, ayant chargé à plusieurs reprises le chasseur.
L'association Ferus, qui défend la présence des grands prédateurs (ours, loup et lynx) en France, "s'élève contre l'abus de cette notion d'excuse (défense de sa peau, défense de son troupeau) qui est la négation même de tout le dispositif de protection des espèces". "Cette ordonnance de non-lieu montre que les zones sans chasseurs sont indispensables puisque la justice n'est même pas capable de condamner ceux qui vont dans ces sites vitaux et tuent des ours repérés", déclare encore l'association. De leur côté, les Verts ont accusé "la justice d'être complice" d'"un mauvais coup porté à la biodiversité en France". "Les chasseurs savaient qu'ils pouvaient surprendre Cannelle et son petit. Il est évident que les chasseurs avaient agi avec préméditation dans le cadre de ce qu'on pourrait qualifier de battue illégale", a estimé Yann Wehrling, porte-parole des Verts.
La mort de l'ourse avait provoqué des réactions indignées en France, et le gouvernement avait peu après mis en place son plan de "renforcement de la population d'ours bruns dans les Pyrénées". On estimait alors à moins de vingt le nombre d'ours dans le massif.
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