Huchon conteste la portée d'une note

le 10 janvier 2007 à 18h28 , mis à jour le 10 janvier 2007 à 18h32

Jugé pour "prise illégale d'intérêts", il a affirmé mercredi ne pas avoir demandé d'attribuer un marché à une société employant son épouse.

TF1/LCI - Jean-Paul Huchon au premier jour de son procès pour prise illégale d'intérêts, le 8 janvier 2007Jean-Paul Huchon au premier jour de son procès pour prise illégale d'intérêts, le 8 janvier 2007 © TF1/LCI

Non, il n'a rien demandé. Jugé depuis lundi au tribunal correctionnel de Paris pour "prise illégale d'intérêts", le président PS du conseil régional d'Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, a affirmé mercredi ne pas avoir demandé à ses services d'attribuer en 2003 un marché à une société employant sa femme, contrairement à ce que laisse supposer un document interne annoté de sa main.

Les débats ont porté sur l'attribution, le 24 avril 2003, du marché de promotion de la région Ile-de-France au festival de Cannes à la société Sertis, qui a fait travailler à cette occasion l'épouse de Jean-Paul Huchon, Dominique Le Texier. Il s'est "inscrit totalement en faux" contre son ancien directeur général des services qui a affirmé aux enquêteurs que le président aurait demandé que son épouse soit associée par la région à la préparation de ce marché.

"Comme François Mitterrand"

Professionnelle du cinéma, notamment en tant que régisseur général, Dominique Le Texier a certes été consultée par le conseil régional mais "de manière totalement bénévole", a assuré son mari. Le marché "Cannes 2003" a mis en concurrence trois sociétés. Sertis proposait un devis de 44.800 euros, à peine un peu moins que celui d'Image Publique (44.886 euros), mais plus cher que la dernière société, Milton Agency (un peu plus de 42.000 euros). La différence entre Sertis et Milton portait principalement sur la rémunération du poste de régisseur général, respectivement 18.000 et 6.000 euros.

Le 2 avril 2003, le directeur général des services du conseil régional a adressé une note à Jean-Paul Huchon où il proposait d'écarter la société Image Publique et faisait état d'une "différence notable" de rémunération du régisseur entre les deux sociétés restantes. La note proposait "soit de relancer la négociation" auprès de ces deux sociétés, soit de choisir Sertis. Jean-Paul Huchon a renvoyé la note sous la mention "TTU" (très très urgent) en y annotant: "je pense que nous devons choisir Sertis dont le professionnalisme est établi". De fait, Sertis a remporté le marché le 24 avril, quatre jours après avoir engagé l'épouse de Jean-Paul Huchon comme régisseur général.

Aujourd'hui, Jean-Paul Huchon minimise la portée de cette annotation qui n'équivalait pas, selon lui, à une décision de sa part. "Sertis était la seule à répondre à l'intégralité du cahier des charges. Je n'ai fait que me conformer à la proposition des services" de la région" , a-t-il dit. Les mots employés n'avaient "rien de comminatoire", a-t-il soutenu, ajoutant un brin agacé : "je sais ce que veut dire le langage administratif". Evoquant les quantités de notes reçues chaque jour sur son bureau, Jean-Paul Huchon a confié : "je me demande si je ne vais pas à l'avenir faire comme François Mitterrand et mettre simplement la mention 'vu' sur les notes". Le procès doit s'achever lundi avec le réquisitoire et les plaidoiries de la défense. Jugé pour "prise illégale d'intérêts", Jean-Paul Huchon encourt 5 ans d'emprisonnement, 75.000 euros d'amende et 10 ans d'inéligibilité.

(D'après agence)

le 10 janvier 2007 à 18:28
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