
Le constructeur Renault a été entendu comme témoin assisté dans le cadre d'un accident mortel survenu en août 2004 dans le Loiret et qui serait dû, selon le conducteur responsable, à un dysfonctionnement du régulateur de vitesse de sa voiture, a-t-on appris lundi de source judiciaire. Un ingénieur de chez Renault a été entendu à deux reprises par le juge d'instruction chargé de l'affaire, a indiqué Me Jérôme Wedrychowski, avocat d'Orléans, conseil des parents de la victime, confirmant une information donnée lundi par Europe 1. L'ingénieur a expliqué en substance que le système de frein n'avait pas de lien avec le système informatique du moteur et que plusieurs niveaux de sécurité existaient, selon l'avocat.
Le 3 août 2004, un automobiliste de 22 ans est tué dans une collision sur l'A10, à hauteur de Gidy. Stoppée dans un bouchon provoqué par un premier accident, sa voiture est violemment heurtée par un Renault Espace. Le conducteur de l'Espace, indemne, affirme qu'il n'a pu "désactiver le régulateur de vitesse bloqué à 130 km/h". Il est mis en examen pour homicide involontaire et défaut de maîtrise de son véhicule. Dans le même temps, le magistrat instructeur désigne un expert afin de faire toute la lumière sur cette collision.
"On est plutôt en face d'une problématique d'utilisation"
Un an plus tard, dans son rapport d'une soixantaine de pages, cet expert n'occulte pas une part de responsabilité chez l'automobiliste, auquel il reproche de freiner trop tard, et s'interroge sur la fiabilité du système électronique. "L'expert n'a trouvé aucune défaillance du système de freinage, ni aucune défaillance du système informatique", a précisé Me Wedrychowski, pour qui "il n'y a des reproches à faire qu'au conducteur". "Je ne crois pas que la société Renault sera mise en examen. Il est grand temps de clôturer le dossier", a-t-il ajouté. L'avocat de l'automobiliste mis en cause n'a pas souhaité faire de déclaration lundi.
"Dans le cadre d'une instruction judiciaire de ce type, il est normal que le constructeur soit entendu", a souligné Renault auprès de LCI.fr pour expliquer l'audition d'un de ses ingénieurs. Chez le constructeur, on met en avant le fait que, sur les plaintes d'automobilistes ayant à ce jour débouché sur des procédures judiciaires, toutes celles qui se sont achevées ont conclu à l'absence de défaillance des régulateurs et de responsabilité de la part de Renault. "Les dysfonctionnements électroniques [évoqués par les conducteurs] n'ont pu être démontrés", précise-t-on chez Renault, en assurant que même dans l'hypothèse d'une défaillance d'un régulateur de vitesse, "on peut toujours s'arrêter".
Pour le constructeur, "on est plutôt en face d'une problématique d'utilisation, de perte des moyens dans un cas où un conducteur est placé dans une situation d'urgence". Et de rappeler que "lors de la dernière expertise judiciaire qui a eu lieu, on s'est rendu compte que l'utilisateur n'avait pas une bonne connaissance du fonctionnement de sa voiture".
D'après agence
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