
C'était une promesse du candidat Chirac en 2002. Cinq ans après, la réforme du statut pénal du chef de l'Etat est examinée mardi à l'Assemblée... après moult tractations entre les politiques de tous bords. Résultat : les députés vont se pencher sur une version amendée du texte, comprendre gommée des aspects les plus critiques du projet.
La réforme comporte un volet juridique confirmant l'immunité temporaire du président pendant son mandat. Un deuxième volet, plus politique instaure une procédure de destitution "en cas de manquement à ses devoirs manifestement incompatibles avec l'exercice de son mandat".
"Le domaine de l'indiscutable"
C'est ce deuxième volet, à la formule floue, qui a été le plus discuté par les députés craignant comme Bernard Accoyer, (UMP) que la destitution soit "engagée à mauvais escient pour des raisons politiques, remettant en cause l'équilibre et la stabilité des institutions". Au final, contrairement à ce que prévoyait le texte initial, la réunion du Parlement, dénommé pour la circonstance "Haute-Cour", n'entraînera pas la suspension du président. "Suspendre le président avant même que la Haute-Cour n'ait statué sur son sort serait présager de sa culpabilité", justifie le rapporteur Phillipe Houillon (UMP).
Pour que la destitution "entre dans le domaine de l'indiscutable", selon le rapporteur Phillipe Houillon (UMP), députés UMP et PS ont voulu renforcer la majorité requise dans une assemblée pour entamer la procédure de destitution et à la Haute Cour pour la prononcer. Au final, la décision devra être prise aux 2/3 personnellement présents.
Une procédure "floue et dangereuse"
Les députés UMP veulent aussi supprimer la "destitution provisoire" du chef de l'Etat, prévue en cas de renvoi du président devant la Haute Cour. Cette disposition est "incompatible avec la présomption d'innocence", et "revenir après avoir été évincé deux mois serait complètement impraticable", juge Philippe Houillon. Il souhaite aussi réduire de deux à un mois le délai pour que la Haute Cour statue sur la destitution. Au final, selon lui, "on aboutit à un équilibre global".
Mais un petit groupe d'irréductibles résiste encore à l'UMP, comme Edouard Balladur, Claude Goasguen ou Louis Giscard d'Estaing qui compte défendre un amendement pour empêcher toute révision constitutionnelle six mois avant une élection présidentielle. Pour Claude Goasguen, la procédure de destitution "est floue, dangereuse et n'a aucune utilité", et avec une majorité de 2/3, elle ne sera "jamais appliquée".
Avec agence
| Réforme du statut pénal : l'UDF votera contre, le PC s'abstiendra |
Le porte-parole du groupe UDF à l'Assemblée nationale a annoncé mardi que celui-ci voterait contre la réforme du statut pénal du chef de l'Etat. François Sauvadet a d'abord dénoncé la "méthode", le texte arrivant à "moins de 100 jours d'une élection majeure" alors qu'il "était déjà dans les tuyaux depuis 2003". "En plus, on a assisté à une véritable tentative de verrouillage, notamment dans les procédures de destitution du chef de l'Etat", a ajouté le porte-parole. Il a dénoncé un accord UMP/PS pour porter à 2/3 l'ensemble des voix requises pour leur mise en oeuvre. |
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