© DRC'était le procès de parents en mal d'adoption, soupçonnés d'avoir acheté entre 2001 et 2005 les bébés de mères bulgares. C'était aussi celui des organisateurs de ce trafic. Après une semaine de procès devant le tribunal correctionnel de Bobigny, les réquisitions sont tombées lundi. Le procureur a demandé 4 à 6 mois de prison avec sursis contre les 41 acheteurs de bébés bulgares qui comparaissent depuis le 22 janvier et jusqu'à 7 ans contre les intermédiaires présumés de ce trafic d'enfants.
Le procureur, Samuel Gillis, a estimé que les parents acheteurs n'étaient "ni des sauveurs ni des bourreaux", mais des "personnes avec un désir d'enfant, qui comblent ce désir au mépris des lois et des règles morales". Ces parents "adoptifs" et deux personnes ayant acheté pour des proches, toutes issues de la communauté des gens du voyage, encourent jusqu'à 3 ans de prison pour l'infraction sur la filiation de l'enfant et 6 mois de prison pour "provocation à l'abandon d'enfant".
Une "déshumanisation de la personne humaine"
Le procureur a requis 6 à 7 ans de prison ferme contre cinq Bulgares "se détachant comme les organisateurs principaux" du trafic. Accusés de "traite d'être humain", ils encourent 10 ans de prison pour avoir démarché en Bulgarie des femmes enceintes et les avoir convoyées en France pour qu'elles y accouchent et vendent leur bébé.
Il a également requis 3 à 5 ans de prison contre six autres intermédiaires présumés: trois Bulgares en fuite et deux intervenants "ponctuels" dans le trafic qui comparaissaient incarcérés. Concernant le sixième intermédiaire, 4 ans de prison ont été requis. Le procureur souhaite aussi pour tous les Bulgares impliqués une interdiction définitive du territoire français. Le procureur a dénoncé une "déshumanisation de la personne humaine" dans ce dossier, qui conduit à considérer un enfant comme un "bien de consommation". Il a évoqué le code noir sous Louis XIV, qualifiant ce trafic d'"esclavage". Le tribunal doit rendre son jugement vendredi. L'affaire porte sur 23 transactions menées entre 2001 et 2005 pour un montant moyen de 5.000 euro (jusqu'à 7.500 euros).
(D'après agence)
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