Ouverture du procès du trafic de bébés bulgares, le 22 janvier 2007 © TF1/LCIPour elle, "c'est pas beau de dire acheter. Je lui aurais dit 'adopté'". Dalida est la mère "adoptive" du petit Sergio, acheté en 2004 3.700 euros à une prostituée. "J'ai voulu le sortir de la misère", a-t-elle répété. "On ne trouvait pas ça normal mais on a été tentés", a ajouté la jeune femme. Comme une quarantaine d'autres parents (et quelques grands-parents), Dalida comparaît jusqu'au 2 février pour "provocation à l'abandon d'enfant" et "dissimulation" ou "simulation" de l'état-civil des bébés. Des délits passibles au maximum de trois ans de prison et 45.000 euros d'amende.
Jimmy, compagnon de Dalida, gitan sédentarisé de 41 ans vivant à Montreuil, en Seine-Saint-Denis, a exprimé devant la cour le mal-être de son couple. "Notre plus grand honneur dans le milieu gitan est d'avoir un garçon", dit ce chaudronnier de Montreuil, père de deux filles. L'adoption ? Le couple y a pensé mais "on est gitans alors on s'est dit qu'ils (NDLR: les services sociaux) n'auraient jamais voulu", assure la femme.
Réquisitoire lundi
A côté de ces parents en mal d'adoption comparaissent des intermédiaires de ce trafic. Deux hommes et deux femmes soupçonnés d'avoir fourni les bébés à des parents issus comme eux de la communauté des gens du voyage comparaissent détenus. Six autres personnes sont toujours recherchées.
Tous les intermédiaires poursuivis pour "traite d'être humain" risquent dix années de prison. Six autres Bulgares, qui repéraient les jeunes femmes enceintes en Bulgarie, sont toujours recherchés. Généralement, les mères étaient d'accord pour cette transaction qui leur rapportait quelques centaines d'euros. D'autres parents, ainsi que les proxénètes présumés de certaines mères biologiques, doivent être entendus cette semaine, avant le réquisitoire lundi.
D'après agence
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