Vigoureux plaidoyer contre la peine de mort

Par , le 29 janvier 2007 à 10h30 , mis à jour le 29 janvier 2007 à 10h55

Le film diffusé lundi sur TF1 retrace le célèbre fait-divers à travers le regard de la mère de celui qui cria "Réhabilitez moi" avant d'être guillotiné.

Catherine Frot incarne avec sobriété Héloïse Ranucci, qui s'est battue sans relâche aux côtés de son fils. Françoise PAGES/TF1 Catherine Frot incarne avec sobriété Héloïse Ranucci, qui s'est battue sans relâche aux côtés de son fils. © François PAGES/TF1

A l'aube du 28 juillet 1976, le couperet tombe à la prison des Baumettes, à Marseille. Christian Ranucci, 22 ans est guillotiné, reconnu coupable du meurtre, deux ans plus tôt, de la petite Marie-Dolorès Rambla. Dans la tête de la mère du condamné à mort, cette phrase prononcée par l'avocat de son fils avant le verdict : "Le sang se lave avec des larmes pas avec du sang". Le "combat d'une mère" diffusé lundi soir sur TF1 raconte ce qui fut l'un des faits-divers les plus célèbres des trente dernières années à travers le regard de la mère de l'accusé. Brillamment interprétée par Catherine Frot, Héloïse Ranucci n'aura de cesse de se battre pour son fils.

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Tout commence le 3 juin 1974, vers 11 heures, à la cité Sainte-Agnès de Marseille, devant un HLM. Marie-Dolorès, 8 ans, joue avec son petit frère. Un homme l'aborde en voiture et lui demande si elle veut bien venir l'aider à chercher son chien. Elle accepte. Un garagiste et le petit frère de la fillette, tous deux témoins de la scène, identifieront le véhicule comme une Simca 1100. Le même jour, vers midi, à quelques kilomètres de là, une Peugeot 304 brûle un stop et provoque un accrochage. Le véhicule repart aussitôt. Un couple, témoin de l'accident, poursuit le fuyard qui s'arrête et court vers les collines, "un gros paquet sous le bras". Les policiers font le rapprochement entre les deux affaires quand le corps lacéré de la fillette est retrouvé là où le chauffard a disparu, selon le couple témoin.

"La France a peur"

Le propriétaire du véhicule est arrêté à son domicile niçois. Son nom : Christian Ranucci, un représentant de commerce âgé de 20 ans. Il admet l'accrochage mais nie le meurtre. Lors d'une première confrontation, le couple témoin ne reconnaît pas Ranucci. Et puis après, si. "Le gros paquet" devenant un enfant. Après 20 heures d'audition, Ranucci s'effondre. Il guide même les enquêteurs vers l'endroit précis où a été dissimulée l'arme du crime, un couteau à cran d'arrêt. Mais lors de la reconstitution, le jeune homme craque et dit ne se souvenir de rien. Dès lors, il ne cessera de clamer son innocence.

Le 9 mars 1976, son procès s'ouvre devant les assises des Bouches-du-Rhône. Le climat est lourd : à Troyes, Patrick Henry a été arrêté trois semaines plus tôt pour le meurtre du petit Philippe Bertrand. "La France a peur", lâché Roger Gicquel au journal télévisé. L'opinion publique réclame la mise à mort des assassins d'enfants. Les derniers mots de Christian Ranucci avant l'échaffaud seront : "Réhabilitez-moi".

Le pull-over rouge

"Le combat d'une mère" est fidèle au déroulement des faits. Il montre, sans s'appesantir, les zones d'ombres de l'enquête, les incohérences des témoignages et une instruction menée à charge : le petit frère de la victime qui ne reconnaît pas Christian Ranucci, le pull-over rouge retrouvé près du corps de Marie-Dolorès qui n'appartenait pas au jeune homme, cet homme en pull over rouge qui aurait erré dans la cité Sainte-Agnès quelques jours avant le drame et demandé à des enfants de venir chercher son chien... Malgré cela, le principe de droit fondamental selon lequel le doute profite à l'accusé n'aura pas sauvé la tête du jeune homme.

Le téléfilm, réalisé par Denys Granier-Deferre, se garde de prendre parti dans cette affaire qui suscite la polémique depuis trente ans. Plusieurs personnalités, dont l'écrivain Gilles Perrault, estimant que la condamnation de Ranucci relève de l'erreur judiciaire. Cette fiction se prononce en revanche clairement contre la peine de mort, dont l'abolition va être inscrite dans la Constitution française.

Le téléfilm sera disponible dès lundi minuit en VOD en un clic ici.

Par Amélie Gautier le 29 janvier 2007 à 10:30
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45 Commentaires

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  • Bretonne, le 30/01/2007 à 10h19

    Comment doit t-on faire avec tout ces violeurs et tueurs d'enfants qui sont pour la plupart des récidivistes ? voilà ma question .

  • Christelle, le 30/01/2007 à 10h11

    Après avoir vu le film, je me dis qu'effcetivemnt il a du en avoir des erreurs judiciaires! Mais avec nos techniques d'aujourd'hui ce pourcentage est largement réduit. Perso je suis pour la peine de mort. Cela désengorgerait peut être nos prisons et ça éviterait d'entendre les prisonniers se plaindre des conditions de vie! Les pauvres........J'habite à côté de la centrale de Muret et de la Prison de Seysses, je peux vous dire qu'elles sont équipées! TV, Lecteur DVd, Playstation, salle de muscu, ils peuvent mm reprendre les études!

  • Lolobaratte, le 30/01/2007 à 09h47

    Un innocent a été guillotiné et un coupable est surement encore en vie et en liberté : c'est dégueulasse !

  • PUJOL, le 30/01/2007 à 09h45

    Ayant approché de très près l'enquête, je suis scandalisé par la manipulation du cinéaste, basée sur le livre de Gilles Perrault (Peyrolles) - condamné jusqu'à la cour de cassation pour ses écrits mensongers. Le pull-over rouge provient d'une erreur des Gendarmes pensant bien faire, à une époque ou un service de Police de 80 enquêteurs n'avait qu'une seule voiture. On peut parfaitement être contre la peine de mort, mais il est malhonnête de pratiquer l'amalgame et d'occulter des preuves indiscutables contre Ranucci. Des livres très documentés contre ces affabulations ont été écrits (Gérard Bouladou et divers), mais ils sont occultés par la presse et les lobbys. Vous remarquerez que dans les débats télévisés, les partisans de la culpabilité de RANUCCI (rien à voir avec les partisans de la peine de mort) ne sont que très rarement invités. Encore bravo pour la démocratie !!

  • Charlemagne, le 30/01/2007 à 06h46

    Très beau téléfilm joué avec brio par Catherine Frot. On y perçoit surtout les dysfonctionnements de la machine judiciaire avec un procèe à charge et sasn aucune contre partie. L'accusé n'avait décidemment aucune chance dès le départ. Aucun doute ne lui est accordé et ceci est réellement catastrophique dans letraitement d'une telle affaqire. On a l'impression qu'il fallait à la justice un coupable pour se rendre crédible auprès de la population. Par contre la meine de mort, quant à elle, doit être réellement remise en cause pour autant? Je voudrais bien qu'onme dise l'avis des parents d'enfants violés, torturés et assassinés. Père de famille, je crois que si j'avais la certiftude ou la preuve indéniable que mon fils à été tué par quelqu'un, je souhaiterais que cette personne soit executée. Je pense également que des personnes du type Fourniret ou autres devraient subir le même sort. La peine capitale, quant à elle, sera très probablement rétablie un jour, je pense car la grande majorité des citoyens le souhaite à juste titre à mon avis.

  • Palvadeau, le 29/01/2007 à 23h42

    Avec du recul...je pense que avant de faire exécuter ce pauvre jeune il aurait été meilleur de revoir toutes les zones d ombres !!!!!!!!!!mais je pense qu il fallait faire un exemple pour tous les autres criminels....on se souviendra longtemps de cette affaire d autant qu il fut le dernier condanné...

  • Arno, le 29/01/2007 à 22h00

    Comme dans 40% des exécutions il était innocent!Ceux qui sont encore pour la peine de mort devraient avoir honte! Tout comme ces "policiers" bêtes et méchants... Consternant

  • Letty, le 29/01/2007 à 21h08

    Quelle tristesse pour cette maman et oui quand la France a peur;il faut un coupable.........gachis

  • Stephane, le 29/01/2007 à 20h09

    Soyons clair: il est peu probable que les jurés ayant condamnés à mort Ranucci aient eu le moindre doute sur sa culpabilité.Il en est probablement de même de M Giscard d'estaing lorsqu'il a refusé la grâce. Le processus de doute est intervenu plus tard . C'est pourquoi il est stupide de dire : "Je suis pour la peine de mort lorsque l'on est certain de la culpabilité" ... car pour Ranucci , au moment de la condamnation tous étaient certains de sa culpabilité , à l'exception de quelques personnes qui à l'époque n'ont pas su se montrer très convaincantes (avocats et entourage proche). Aujourdhui encore , les avis sont plus que partagés , et le temps ayant fait son oeuvre il est peu probable que des éléments indiscutables puissent émerger afin d'en tirer une vérité indiscutable. Le seul fait sur lequel peuvent méditer les partisans de la peine de mort justifiant leur position vis à vis des victimes : La peine de mort qui lui a été appliquée à largement contribuée à faire passer Christian Ranucci du statut de Coupable à celui de Victime.Celà à-t-il soulagé les parents de Marie-Dolorès? Rien que ce point justifie l'abolition.

  • Claude, le 29/01/2007 à 19h13

    Abolition de la peine de mort .... et son inscription dans le constitution . soit ! Mais il faut aller jusuq' au bout du raisonnement ... on abolit aussi la peine de mort par procuration , donc: - on désarme la police et la gendarmerie.Plus de GIGN armé . - plus d' armée , juste le génie , des patrouilles de reconnaissance , du renseignement etc - plus de fabicants d' armes en france ni de ventes d' armes par la france : adieu GIAT , THALES , EADS, DASSAULT , etc ... qu' en pensez vous ???

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