Catherine Frot incarne avec sobriété Héloïse Ranucci, qui s'est battue sans relâche aux côtés de son fils. © François PAGES/TF1A l'aube du 28 juillet 1976, le couperet tombe à la prison des Baumettes, à Marseille. Christian Ranucci, 22 ans est guillotiné, reconnu coupable du meurtre, deux ans plus tôt, de la petite Marie-Dolorès Rambla. Dans la tête de la mère du condamné à mort, cette phrase prononcée par l'avocat de son fils avant le verdict : "Le sang se lave avec des larmes pas avec du sang". Le "combat d'une mère" diffusé lundi soir sur TF1 raconte ce qui fut l'un des faits-divers les plus célèbres des trente dernières années à travers le regard de la mère de l'accusé. Brillamment interprétée par Catherine Frot, Héloïse Ranucci n'aura de cesse de se battre pour son fils.
"L'Europe n'a pas la peine de mort mais elle l'exporte"
Parce qu'un composant clef de l'injection létale est en rupture de stock aux Etats-Unis, certains Etats appliquant la peine de mort achète le barbiturique en Europe pour continuer leurs exécutions. Une situation que dénonce certains politiques et associations.
Publié le 27/01/2011
Comment faut-il juger un ado accusé de meurtre à 11 ans ?
A partir de mardi, une cour d'appel locale de Pennsylvanie se penche sur le cas d'un garçon, accusé d'avoir tué l'amie de son père. Il risque la perpétuité, selon qu'il va être jugé comme adulte ou comme mineur.
Publié le 25/01/2011
Tout commence le 3 juin 1974, vers 11 heures, à la cité Sainte-Agnès de Marseille, devant un HLM. Marie-Dolorès, 8 ans, joue avec son petit frère. Un homme l'aborde en voiture et lui demande si elle veut bien venir l'aider à chercher son chien. Elle accepte. Un garagiste et le petit frère de la fillette, tous deux témoins de la scène, identifieront le véhicule comme une Simca 1100. Le même jour, vers midi, à quelques kilomètres de là, une Peugeot 304 brûle un stop et provoque un accrochage. Le véhicule repart aussitôt. Un couple, témoin de l'accident, poursuit le fuyard qui s'arrête et court vers les collines, "un gros paquet sous le bras". Les policiers font le rapprochement entre les deux affaires quand le corps lacéré de la fillette est retrouvé là où le chauffard a disparu, selon le couple témoin.
"La France a peur"
Le propriétaire du véhicule est arrêté à son domicile niçois. Son nom : Christian Ranucci, un représentant de commerce âgé de 20 ans. Il admet l'accrochage mais nie le meurtre. Lors d'une première confrontation, le couple témoin ne reconnaît pas Ranucci. Et puis après, si. "Le gros paquet" devenant un enfant. Après 20 heures d'audition, Ranucci s'effondre. Il guide même les enquêteurs vers l'endroit précis où a été dissimulée l'arme du crime, un couteau à cran d'arrêt. Mais lors de la reconstitution, le jeune homme craque et dit ne se souvenir de rien. Dès lors, il ne cessera de clamer son innocence.
Le 9 mars 1976, son procès s'ouvre devant les assises des Bouches-du-Rhône. Le climat est lourd : à Troyes, Patrick Henry a été arrêté trois semaines plus tôt pour le meurtre du petit Philippe Bertrand. "La France a peur", lâché Roger Gicquel au journal télévisé. L'opinion publique réclame la mise à mort des assassins d'enfants. Les derniers mots de Christian Ranucci avant l'échaffaud seront : "Réhabilitez-moi".
Le pull-over rouge
"Le combat d'une mère" est fidèle au déroulement des faits. Il montre, sans s'appesantir, les zones d'ombres de l'enquête, les incohérences des témoignages et une instruction menée à charge : le petit frère de la victime qui ne reconnaît pas Christian Ranucci, le pull-over rouge retrouvé près du corps de Marie-Dolorès qui n'appartenait pas au jeune homme, cet homme en pull over rouge qui aurait erré dans la cité Sainte-Agnès quelques jours avant le drame et demandé à des enfants de venir chercher son chien... Malgré cela, le principe de droit fondamental selon lequel le doute profite à l'accusé n'aura pas sauvé la tête du jeune homme.
Le téléfilm, réalisé par Denys Granier-Deferre, se garde de prendre parti dans cette affaire qui suscite la polémique depuis trente ans. Plusieurs personnalités, dont l'écrivain Gilles Perrault, estimant que la condamnation de Ranucci relève de l'erreur judiciaire. Cette fiction se prononce en revanche clairement contre la peine de mort, dont l'abolition va être inscrite dans la Constitution française.
Le téléfilm sera disponible dès lundi minuit en VOD en un clic ici.
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"L'Europe n'a pas la peine de mort mais elle l'exporte"
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