250 sympathisants accueillent Bidart à Béziers

le 17 février 2007 à 15h17 , mis à jour le 17 février 2007 à 18h30

L'ex-leader d'Iparretarrak a pesé ses mots, disant qu'il s'inscrivait "totalement dans le processus de paix" qui doit être mis en place au Pays basque.

TF1/LCI - Philippe Bidart à son arrivée à Magalas, dans l'Hérault, le 17 février 2007Philippe Bidart à son arrivée à Magalas, dans l'Hérault, le 17 février 2007 © TF1/LCI

Ses amis ont déployé drapeaux et banderoles pour l'accueillir. Philippe Bidart, chef historique du mouvement indépendantiste basque Iparretarrak, est arrivé samedi après-midi à Magalas, près de Béziers, dans l'Hérault, où l'attendaient quelque 250 sympathisants. Incarcéré en 1988 pour les meurtres de deux CRS et d'un gendarme et sorti mercredi de la centrale de Clairvaux, dans l'Aube, après une libération conditionnelle, Philippe Bidart, 53 ans, doit travailler à Béziers comme animateur social dans un centre d'accueil pour demandeurs d'asile.

"Comme je l'ai dit à ma sortie de prison, je tiens à répéter que la situation au Pays Basque nécessite la mise en place d'un processus de résolution du conflit pour obtenir la reconnaissance par l'Etat français de l'existence du peuple basque", a déclaré en français Philippe Bidart à son arrivée. "Je m'inscris totalement dans le processus de paix qui doit être mis en place, seule voie pour aboutir à une paix juste et durable", a-t-il ajouté, se refusant à toute autre déclaration publique.

"Il ne s'exprimera plus aujourd'hui en raison de la campagne de dénigrement qui a été menée par certains organes de presse depuis sa sortie de prison, lesquels organes de presse ont utilisé ses propos en les déformant et en les interprétant à outrance", a affirmé l'un de ses avocats, Philippe Aramendi.

"Tensions" et "provocations"

Jeudi, le ministre de la Justice, Pascal Clément, a menacé Philippe Bidart de poursuites "pour apologie du crime" s'il dérapait dans ses déclarations, même si ses propos sur le Pays Basque à sa sortie de prison ne tombent pas sous le coup de la loi. A sa sortie de Clairvaux, Philippe Bidart avait déclaré en basque, traduit par un sympathisant, qu'"il faut que le Pays basque puisse vivre", évoquant un nécessaire "processus de paix" et faisant allusion aux "600 prisonniers politiques dans les prisons" françaises et espagnoles.

Chez les proches des victimes de Philippe Bidart, sa libération a été douloureusement ressentie, comme en témoignaient les propos d'une épouse d'un des CRS tués jointe par LCI.fr. Et après l'ode à l'indépendance du Pays basque, prononcée devant la porte même de la prison, l'Unsa-police craint en outre que des "tensions" ou que des "provocations" surviennent à Béziers.

D'après agence

le 17 février 2007 à 15:17
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