José Bové, le 7 février 2007 © TF1/LCI"C'est une décision grave", tonnait José Bové mercredi après-midi à l'issue du délibéré de la Cour de cassation. L'ancien leader de la Confédération paysanne qui s'était pourvu en cassation contre sa condamnation en novembre 2005 pour l'arrachage de maïs transgénique à Menville (Haute-Garonne), est désormais fixé sur son sort. Il devra purger quatre mois de prison ferme. L'avocate du militant altermondialiste, Me Etelin, a déclaré ne pas être "surprise", arguant du fait que "la Cour de cassation n'est pas une jurisprudence novatrice". Elle souhaite désormais saisir la Cour européenne des droits de l'homme.
C'est maintenant au juge d'application des peines de décider de la manière dont la peine sera appliquée. Dans les faits, compte tenu de la durée de la peine (moins d'un an), une peine alternative est possible, comme le port d'un bracelet électronique. Mais Bové s'y refuse. Le militant anti-OGM pourrait donc être "le premier prisonnier politique à l'élection présidentielle", selon ses propres mots. Néanmoins, il est légalement possible de différer l'exécution de la peine. De fait, le leader altermondialiste pourrait n'être emprisonné qu'après le premier tour de la présidentielle.
"Condamnation politique"
Etant donné que la privation de ses droits civiques n'est pas concernée par la peine, José Bové pourra être candidat, même depuis une cellule une prison. "Quelle que soit la décision, je continuerai mon combat", clamait-t-il d'ailleurs haut et fort avant l'annonce de la condamnation.
"Libérez Bové!", ont crié les militants réunis mercredi soir à Aubagne pour le premier meeting de campagne du candidat. "Ce soir, ou j'étais au bagne ou j'étais à Aubagne", s'est amusé le leader altermondialiste devant plus de 2000 sympathisants réunis à la salle des congrès. "Ce rassemblement me fait chaud au coeur, chaud au coeur de voir que j'ai tant d'amis", a-t-il dit, affirmant qu'il est l'objet d'une "condamnation politique". "Le gouvernement a voulu imposer les OGM, alors que 90 pour cent des gens les refusent", a-t-il lancé. "J'ai une épée de Damoclès au-dessus de la tête, je risque de me retrouver derrières les barreaux dans une situation que, j'espère, vous ne connaîtrez jamais, une situation indigne de ce pays", a-t-il ajouté. Il a affirmé que la pétition demandant une candidature de la gauche anti-libérale avait recueilli 40.000 signatures.
Les réactions |
Jean-Marc Ayrault (PS) : "La sévérité des sanctions me surprend, il y a peut-être un fossé entre la nature des actes et la nature des sanctions". Marie-George Buffet (PCF) : "Un signe de très mauvaise santé pour notre démocratie". Dominique Voynet (Verts) : "Je suis indignée que les faucheurs volontaires paient aujourd'hui le prix des manœuvres et des bricolages du gouvernement. Je leur dis à nouveau mon entière solidarité et mon soutien dans les épreuves qui les attendent". La Confédération paysanne : "La Confédération paysanne estime que voir un syndicaliste en prison est un recul de la démocratie". Groupement national interprofessionnel des semences et plants (GNIS) : "C'est un bon signe pour le développement de ces technologies. Il conforte le droit à la recherche que les sociétés de biotechnologies veulent poursuivre". |
D'après agence
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