© AFP/M.UgarteDeux mois après la mort d'Augusto Pinochet, 17 proches du dictateur, essentiellement des militaires, sont renvoyés devant la cour d'assises de Paris où ils seront jugés par contumace lors du premier procès au monde de la dictature chilienne, a annoncé mercredi une source judiciaire. La juge d'instruction a signé mercredi une ordonnance de 191 pages renvoyant les accusés aux assises pour la disparition de quatre Français sous la dictature.
Les 17 hommes seront jugés en leur absence à Paris, au plus tôt en 2008, par un jury populaire. Ils sont poursuivis pour "arrestations et détentions ou séquestrations sans ordre des autorités constituées, hors les cas prévues par la loi", avec la circonstance aggravante qu'elles ont été "accompagnées de tortures ou d'actes de barbarie". Des faits passibles de la réclusion criminelle à perpétuité. La décision a aussitôt été saluée par Me William Bourdon, avocat des familles de trois victimes françaises disparues au Chili : "La mort de Pinochet n'éclipse pas la portée historique et symbolique du futur procès français des autres chefs d'orchestre des violations des droits de l'homme au Chili".
Mort ou disparition de 3.000 personnes
La juge a été au-delà des réquisitions du Parquet de Paris qui avait réclamé le renvoi de 14 personnes et n'avait retenu les faits de torture que pour l'une des victimes. Au total, 19 personnes avaient été mises en examen dans ce dossier pour lesquelles des mandats d'arrêt internationaux ont été lancés en 2001 et 2005. Mais la mort du général Pinochet le 10 décembre 2006 a entraîné de facto l'arrêt des poursuites le visant. Les poursuites ont également été arrêtées après le décès de Javier Secundo Emilio Palacios Ruhmann, le général de l'armée de terre qui avait mené l'attaque contre le palais présidentiel de la Moneda en septembre 1973.
Le général Pinochet avait dirigé le Chili d'une main de fer entre 1973 et 1990, après avoir renversé le président socialiste Salvador Allende lors d'un coup d'Etat le 11 septembre 1973. Poursuivi pour violations contre les droits de l'Homme et fraude fiscale, Augusto Pinochet, dont le régime est tenu responsable de la mort ou la disparition de 3.000 personnes et de 30.000 cas de tortures, est décédé à l'âge de 91 ans à la suite d'un infarctus sans avoir jamais été condamné.
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