© Jack GUEZ/AFPLe ministre de la Justice Pascal Clément a annoncé vendredi sa décision de renvoyer devant le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) le juge Renaud Van Ruymbeke, épinglé dans un rapport de l'Inspection des services judiciaires (ISJ), pour sa rencontre hors procédure avec le corbeau présumé de l'affaire Clearstream.
Remis mercredi au ministre de la Justice, le rapport de l'ISJ reproche à Renaud Van Ruymbeke, premier juge d'instruction au tribunal de grande instance de Paris, "d'avoir été singulièrement imprudent ou d'avoir manqué de discernement en acceptant ou en décidant de conduire des entretiens hors procédure" avec Jean-Louis Gergorin, personnage central de l'affaire des faux listings Clearstream.
"Décision politique sans surprise"
Le juge Renaud Van Ruymbeke, a mis en cause vendredi Nicolas Sarkozy, estimant qu'il s'agissait d'une "décision politique sans surprise" après les attaques du ministre contre lui dans le dossier Clearstream. Le patron de l'UMP, candidat à la présidentielle, avait notamment expliqué le 19 octobre sur TF1 avoir été faussement mis en cause dans l'affaire Clearstream "sur la base du mensonge d'un corbeau qui s'était allié avec un juge".
"La décision du ministre se fonde sur un rapport, dont je n'ai toujours pas eu connaissance, commandé à grand bruit par le ministre (de la Justice, NDLR) à l'Inspection Générale qui lui est subordonnée", a constaté le juge financier, qui assure n'avoir fait que son travail en mettant tout en oeuvre pour rechercher la vérité dans le dossier des frégates de Taïwan.
(D'après agence)
| Les syndicats de magistrats solidaires du juge |
Les deux principaux syndicats de magistrats, l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire) et le Syndicat de la magistrature (SM, gauche), ont regretté vendredi le renvoi du juge Van Ruymbeke devant le CSM. "Il y a la raison d'Etat d'un côté, de l'autre un travail individuel et solitaire qui fait qu'à un moment, pour ouvrir certaines portes, le juge d'instruction est obligé de sortir des règles classiques de le procédure", a estimé le président de l'USM. La secrétaire générale du SM a "déploré les attaques manifestement orchestrées par différentes personnes, qui dépassent de loin la seule personne" du juge. "On essaye de détourner l'attention de l'opinion publique en focalisant sur ce juge particulier dont le rapport dit lui-même qu'il n'a jamais démérité", a-t-elle affirmé, assurant que le SM n'avait "pas l'intention de lâcher sur son soutien au juge". |
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