"Si on ne peut plus rire des terroristes, on est foutu!"

le 07 février 2007 à 12h54 , mis à jour le 07 février 2007 à 22h16

Au premier jour du procès de Charlie Hebdo, Philippe Val a défendu la publication des caricatures.

[Expiré] [Expiré] Philippe Val © AFP - JACK GUEZ

Philippe Val, directeur de Charlie Hebdo, a justifié mardi devant le tribunal correctionnel de Paris la publication de caricatures controversées de Mahomet pour laquelle il est poursuivi en affirmant : "Qu'est-ce qu'il reste au citoyen si on ne peut plus rire des terroristes? Si on ne peut pas en rire, on est foutu!", a lancé le directeur de publication de l'hebdomadaire satirique qui comparaissait devant la 17e chambre du tribunal correctionnel.

Longuement interrogé durant la première matinée de ce procès qui doit durer trois demi-journées, Philippe Val a affirmé, dans une salle comble et globalement acquise au prévenu, que le choix de publier des caricatures du prophète Mahomet répondait à une volonté de "critiquer la religion en tant qu'idée". "En aucun cas, cela n'exprime du mépris à l'encontre des croyants d'une religion quelconque", a-t-il ajouté, revendiquant son "désir de l'époque de démontrer qu'en France, on pouvait critiquer la religion en tant qu'idéologie".

"Et c'est signé Nicolas Sarkozy"

Philippe Val a reçu un soutien inattendu au cours de l'audience. Alors que son interrogatoire touchait à sa fin, l'un de ses avocats, Me Georges Kiejman, a pris la parole pour lire un courrier sans en préciser l'auteur. "Je tiens à apporter mon soutien à votre journal qui s'inscrit dans une vieille tradition française, celle de la satire", a lu Me Kiejman. Remarquant avoir été "très souvent la cible privilégiée" du journal dirigé par Philippe Val, l'auteur du courrier affirme l'accepter "au nom de la liberté de rire de tout". "Je préfère l'excès de caricature à l'absence de caricature", ajoute-t-il, selon les propos lus par l'avocat qui a conclu : "Et c'est signé par Nicolas Sarkozy, suivi du slogan: 'ensemble, tout est possible'", suscitant rires surpris et sourires, dans le public comme parmi les parties civiles. De nombreuses autres personnalités, telles que François Bayrou et François Hollande doivent également intervenir en tant que témoins cités par Charlie Hebdo.

Trois caricatures, publiées par le journal, sont poursuivies par la Grande Mosquée de Paris et l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) sur le fondement du délit d'"injure stigmatisant un groupe de personnes à raison de sa religion", passible d'une peine maximale de six mois d'emprisonnement et de 22.500 euros d'amende. Le premier dessin est signé Cabu - présent à l'audience sur les bancs de la presse - et a été publié en une de Charlie Hebdo le 8 février 2006. Il représente Mahomet se prenant la tête dans les mains et déclarant : "C'est dur d'être aimé par des cons". Les deux autres dessins poursuivis avaient été déjà publiés dans le journal danois Jyllands-Posten en septembre 2005. Ils faisaient partie de la série de dessins ayant provoqué une flambée de violence anti-danoise dans le monde musulman.

D'après agence

le 07 février 2007 à 12:54
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12 Commentaires

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  • Prot, le 07/02/2007 à 15h57

    Vive la liberté d'expression je soutiens vivement Charlie Hebdo.

  • Tiensdonc, le 07/02/2007 à 15h11

    Que Charlie Hebdo (ou tout autre publication) puisse être contraint d'aller s'expliquer dans un pretoire est déjà le signe d'une république en lambeau.

  • Jean Michel, le 07/02/2007 à 14h33

    Philippe VAL a raison en affirmant: "si on ne peut pas rire des terroristes on est foutu" J'ajouterai que non seulement on peut en rire mais on doit les dénoncer et c'est ce qu'à fait Charlie Hebdo en publiant les caricatures de Mahomet. Dans une démocratie, la liberté d'expression est fondamentale n'en déplaise aux censeurs de tous bords.

  • Eric, le 07/02/2007 à 14h22

    Il nous faudrait plus de Voltaire en France. L'Ingénu nous manque.

  • Pedro, le 07/02/2007 à 14h20

    "Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'à la mort pour que vous ayez le droit de le dire." Voltaire. La France ne doit pas être une nation liberticide, la France doit rester la patrie de la liberté de la presse, de la liberté d'expression. Citoyens Français, organisez vous pour défendre la démocratie, dans la rue, chez vous, c'est le bien le plus précieux et vous ne pouvez pas le laisser aux mains d'organisations autoritaires. Pour une fois vous auriez raison de manifester, ce qui est en jeu aujourd'hui dépasse vos intérêts personnels, l'heure est grave. Je suis Canadien et j'aime la France telle qu'elle est, je n'aime pas vraiment Charlie Hebdo pour des raisons politiques mais comme Voltaire, je pense que cette cause est assez grande pour mourir pour elle. S'il vous plait, défendez nos valeurs communes, celles dont nous avons hérité de vous et que nous défendons avec fierté chaque fois qu'une force extérieur les met à mal.

  • Bon, le 07/02/2007 à 14h16

    Que ces plaintes aient seulement pu aboutir a un proces est deja le signe que la liberté d'expression face aux integristes de tout bords est en danger !

  • Grandury, le 07/02/2007 à 14h07

    Pour la liberté d'expression - Pour la liberté - Non négociable.

  • Jean Louis, le 07/02/2007 à 13h58

    Bien que n'étant pas un fana de Charlie, il est indispensable de soutenir ce journal dans son droit à la caricature même de mauvais gout au nom sacré de la liberté d'expression!Toute religion est caricaturale et caricaturable ! Que devrait dire les catholiques et leur défunt pape Jean Paul ? si souvent caricaturés !! C'est un combat aujourd'hui contre l'obscurantisme des religions qui nous terrorisent !

  • Stef, le 07/02/2007 à 13h54

    Un peu d'humour tout de même...Ce ne ont que des caricatures.

  • Girard, le 07/02/2007 à 13h52

    Je soutiens toute forme de caricature .sinon que devient la liberté d'expression? on peut rire de tout je souhaite que ce procès aille en faveur du journal charlie hebdo

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