80 avocats sont rassemblés dans la salle des pas perdus du Palais de justice de Paris au 1er jour du procès Erika © TF1-LCILors de la septième audience du procès de l'Erika censé durer quatre mois, Total a esquissé lundi sa ligne de défense alors que le tribunal correctionnel de Paris passait au crible la politique du groupe pétrolier pour choisir les bateaux qu'il affrète. Total, prévenu en tant que personne morale, a affirmé lundi qu'un "vice caché" serait à l'origine du naufrage qui a provoqué en décembre 1999 l'une des pires marées noires en France. Pour le groupe pétrolier, il n'est "pas normal qu'un navire, même âgé de 24 ans, se brise en deux, même par vent de force neuf ou dix, une nuit de décembre".
Cependant, Total, qui nie toute responsabilité dans le naufrage, a refusé de dire qui aurait du détecter cette faille. "Quant à savoir qui aurait dû le faire, il appartiendra au tribunal de le déterminer", a affirmé le représentant légal de Total, Alain-Marc Irissou.
Total : "pas deux poids deux mesures"
Lors de la dernière audience, l'ancien directeur des affaires juridiques du service trading/shipping de Total, Bertrand Thouillin, avait clairement montré du doigt la société de classification italienne Rina, qui avait délivré à l'Erika son certificat de navigabilité. Total avait dû longuement s'expliquer sur le "vetting", l'inspection des navires effectuée par les compagnies pétrolières elles-mêmes.
Cette inspection n'est qu'une initiative volontariste des compagnies pétrolières, ne reposant sur aucune obligation née d'une réglementation internationale ou communautaire, avait souligné M. Thouillin. Il a assuré également lundi que Total ne faisait pas deux poids deux mesures avec ses critères de sécurité selon que le navire est affrété à temps, c'est-à-dire pour une certaine durée, ou pour un seul trajet, comme ce fut le cas de l'Erika, loué pour livrer du fioul lourd en Italie.
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