80 avocats sont rassemblés dans la salle des pas perdus du Palais de justice de Paris au 1er jour du procès Erika © TF1-LCILe procès du naufrage de l'Erika, le premier en France d'une catastrophe écologique majeure, s'est ouvert lundi au tribunal correctionnel de Paris qui va passer quatre mois à démêler l'écheveau des responsabilités d'une des pires marées noires ayant souillé les côtes françaises.
Après les interventions des politiques en prélude au procès (lire ci-dessous), celui-ci a démarré par une offensive du Rina, la société de classification italienne, qui a invoqué son "immunité internationale" consentie par Malte pour réfuter la compétence d'une juridiction française. Le président Parlos devra décider mardi s'il tranche sur ce point, ou s'il le joint au fond, ce qui revient à statuer à l'issue du procès.
Total réfute
Juste avant, dès l'appel, le président Jean-Baptiste Parlos a constaté l'absence du capitaine de l'Erika, l'Indien Karun Mathur. De son côté, l'avocat de Total a lancé : "Il va falloir se défendre sur tous les fronts sans savoir ce qui sera imaginé par la créativité des parties civiles, du parquet ou du tribunal", qualifiant les poursuites de "confuses". Total réfute toutes les accusations mais les parties civiles n'avaient que le nom Total à la bouche.
Car de son côté, la pléthore de parties civiles dans le dossier du naufrage du pétrolier, autour de 70, a tenu à se faire entendre dès avant l'ouverture des débats pour réclamer un jugement qui fasse date en matière de catastrophe écologique, avec en ligne de mire l'affréteur Total. De fait, la compagnie pétrolière a été la cible de la plupart des parties présentes qui veulent sa condamnation et une évolution du droit à terme en cas d'autres catastrophes maritimes.
Les candidats se font entendre
C'est dans cette atmosphère que la salle des pas perdus au Palais de justice de Paris a d'abord servi de tribune à trois candidats à l'Elysée, partie civile ou avocat dans le procès de l'Erika, ou encore ancien ministre lors de la marée noire. En robe d'avocate, représentant plusieurs communes souillées par la marée noire, Corinne Lepage, candidate du mouvement Cap 21, était là pour plaider une "affaire importante". Elle a expliqué que "le principe du pollueur-payeur doit s'appliquer à tous, y compris au monde pétrolier".
Au nom de son département de Vendée, Philippe de Villiers a réclamé un procès "qui fasse jurisprudence" avec l'espoir que les propriétaires des cargaisons soient reconnus "aussi responsables que les propriétaires des navires" en cause. Pas partie civile mais ministre de l'Environnement en 1999 au moment du naufrage, Dominique Voynet a fait le déplacement pour "voir Total s'expliquer enfin" car l'affréteur "a toujours fui ses responsabilités". Présidente d'une région partie civile, Ségolène Royal s'est fait représenter mais pourrait venir durant les quatre mois d'audience prévus.
De leur côté, une poignée de bénévoles ayant participé au nettoyage des plages ont exprimé leur désarroi derrière une banderole blanche de leur association déployée devant les grilles du Palais.
D'après agence
Une taxe sur les profits pétroliers ? |
L'association de consommateurs UFC-Que Choisir a de nouveau plaidé mardi pour la mise en place d'une taxe exceptionnelle sur les profits des compagnies pétrolières, et notamment de Total qui doit annoncer demain ses résultats annuels. Ces derniers devraient dépasser les 12 milliards d'euros. Selon l'UFC, cette taxe "d'un milliard d'euros par an pendant cinq ans" sur les profits pétroliers déclarés en France doit contribuer au financement d'un "Plan Marshall pétrole" devant permettre "d'aider les consommateurs à diminuer leur dépendance au pétrole". D'après l'association, Total et le ministre de l'économie Thierry Breton auraient "menti" en expliquant que la France ne représentait que 5% des profits de l'entreprise pour "réfuter l'opportunité d'une taxe exceptionnelle sur les profits pétroliers", réclamée par l'UFC depuis décembre 2005. |
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