Une nappe d'hydrocarbures sur le littoral breton, après le naufrage de l'Erika, en 1999. © LCIUne dizaine d'associations de protection de l'environnement, parties civiles dans l'affaire de l'Erika, comptent faire du procès, qui s'ouvre lundi à Paris, "une tribune" pour sensibiliser "les députés européens" aux conséquences d'une marée noire, a annoncé vendredi dernier leur avocat.
Me Alexande Faro a expliqué qu'"au-delà du préjudice matériel" d'une pollution maritime aux hydrocarbures, par exemple le coût du nettoyage des plages, il était nécessaire d'intégrer son "préjudice écologique" (atteintes à l'écosystème marin, aux rivières), ce qui n'est pas encore le cas dans les législations en vigueur.
"Tout se passe au niveau de l'Europe (...). Le procès va permettre aux députés européens de prendre conscience de certains enjeux", a ajouté l'avocat, qui défend notamment Greenpeace France, France Nature Environnement, WWF et Eaux et Rivières de Bretagne. Il s'agit de "démocratiser tout un tas de débats", a-t-il poursuivi, en soulignant que la durée prévue du procès (4 mois) et sa médiatisation en feraient une "tribune" idéale.
Le coût de la pollution
Me Faro compte faire témoigner au cours du procès des spécialistes du droit maritime américain. Ils expliqueront notamment que les Etats-Unis, depuis la catastrophe de l'Exxon Valdez, au large des côtes de l'Alaska, en 1989, ont "déplafonné les indemnisations" susceptibles d'être réclamées aux pollueurs.
"Il faut que le transport maritime intègre dans son coût le coût de dépollution totale en cas de sinistre", a déclaré l'avocat. "On ne peut avoir une politique écologique responsable sans reconnaître que l'atteinte à un coût".
Un oiseau survit à l'Erika... pas au Napoli |
Un guillemot de Troïl a été récemment retrouvé mort sur la côte sud de l'Angleterre, victime des hydrocarbures du MSC Napoli. L'oiseau marin avait été sauvé sept ans plus tôt en Bretagne après la catastrophe de l'Erika, selon l'association Bretagne Vivante. Il a été identifié grâce à sa bague DA225561 qu'il portait depuis son sauvetage, en décembre 1999, au centre de soins de Saint-Vio, dans la baie d'Audierne (Finistère). L'espérance de vie du guillemot est normalement de 20 ans. L'espèce est actuellement très menacée en Bretagne.
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