Relaxe requise pour Philippe Val

le 08 février 2007 à 19h24 , mis à jour le 08 février 2007 à 22h16

La procureure de la République a requis jeudi à Paris la relaxe du directeur de publication de Charlie Hebdo.

[Expiré] [Expiré] Philippe Val © AFP - JACK GUEZ

La procureure de la République, Anne de Fontette, a requis jeudi à Paris la relaxe de Philippe Val, directeur de publication de Charlie Hebdo, poursuivi pour avoir publié des caricatures controversées du prophète Mahomet. Pour la représentante du ministère public, le délit d'"injure stigmatisant un groupe de personnes à raison de sa religion", passible d'une peine maximale de 6 mois d'emprisonnement et 22.500 euros d'amende, n'est pas constitué.

Les parties civiles poursuivantes, à savoir la Grande mosquée de Paris (GMP) et l'Union des organisations islamiques de France (UOIF), auxquelles s'est jointe la Ligue islamique mondiale, reprochent à l'hebdomadaire satirique la publication de trois caricatures. Pour les associations, ces caricatures offensent les musulmans dans leur ensemble.

Salve d'applaudissements

Avant que les magistrats de la 17e chambre du tribunal mettent fin aux débats, Philippe Val a pris une dernière fois la parole, comme le prévoit le code de procédure pénale. "Je regrette que ce débat ait eu lieu dans un tribunal", a-t-il affirmé, invitant le recteur de la mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, partie civile, "à continuer ce débat pour dénoncer le choc des civilisations et l'inimitié programmée".

Philippe Val a également déclaré au tribunal que la portée du jugement qu'il allait rendre dépassait le seul journal qu'il dirige et concernait "la liberté des artistes et des créateurs" tant en Europe que partout dans le monde. Son intervention a été saluée par une salve d'applaudissements, tout comme l'avaient été les deux plaidoiries des avocats de Charlie Hebdo, Mes Richard Malka et Georges Kiejman.

Jugement le 15 mars

Me Malka a estimé que la liberté de croyance, invoquée par les défenseurs de l'UOIF et de la GMP était "hors sujet". "Je ne vois pas en quoi trois petites caricatures empêcheraient le musulman d'aller à la mosquée", a-t-il notamment affirmé, insistant à plusieurs reprises sur le fait que Charlie Hebdo avait "très mal vécu le fait d'être qualifié de raciste et d'islamophobe" alors que ce journal "est de tous les combats anti-racistes". "Les musulmans en ont marre qu'on parle en leur nom, qu'on leur interdise de rire et même de rire de leur Dieu et de leur prophète", selon Me Malka.

De son côté, Me Kiejman, s'appuyant sur la jurisprudence traitant du conflit entre liberté d'expression et religion, s'est interrogé : "Comment expliquer à quelqu'un que l'on blesse qu'on le fait pour son bien?", estimant en substance que les associations parties civiles avaient décrédibilisé la richesse de l'islam en intentant cette action en justice. Le tribunal correctionnel de Paris rendra son jugement le 15 mars.

D'après agence

le 08 février 2007 à 19:24
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1 Commentaires

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  • Raton, le 08/02/2007 à 19h47

    Enfin un jugement qui va dans le bon sens, contrairement a l'inculpation des policiers pour l'affaire du transfo d'EDF

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