Total refuse de payer pour les dégâts de l'Erika

le 14 février 2007 à 19h02 , mis à jour le 14 février 2007 à 21h25

Malgré l'annonce d'un bénéfice record en 2006, le groupe pétrolier a refusé avec vigueur mercredi de verser quoi que ce soit aux parties civiles.

TF1/LCI : Militants de Greenpeace manifestant contre Total au procès du naufrage de l'ErikaMilitants de Greenpeace manifestant contre Total au procès du naufrage de l'Erika © TF1/LCI

Total a redoublé de vigueur mercredi au tribunal de Paris pour rejeter toute responsabilité dans le naufrage de l'Erika, d'autant que les parties civiles, en mal d'indemnisations, guignent ses profits record pour 2006. La troisième audience s'est en effet ouverte quelques heures après l'annonce par le groupe pétrolier d'un bénéfice 2006 à 12,58 milliards d'euros, le plus gros jamais enregistré par une entreprise française. Pour autant, le groupe n'entend pas reverser la moindre miette aux 70 parties civiles, collectivités bretonnes en tête, qui attendent du procès des indemnisations pour les dégâts de la marée noire de décembre 1999, dont le total dépasserait le milliard d'euros.

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Hors audience, la députée PS du Finistère Marylise Lebranchu a dit "se mettre à la place du citoyen qui a subi de plein fouet la marée noire" et apprend les résultats financiers du groupe. "Ça l'interroge encore plus fortement quand les bénéfices sont aussi importants", a commenté l'ancienne garde des sceaux. Pour sa part, en présentant les résultats financiers, le président sortant de Total, Thierry Desmarest, a pointé du doigt la responsabilité de la société italienne de classification du bateau, le Rina, également prévenue : "Nous pensons que le Rina, en certifiant ce bateau dans un état dans lequel il n'était pas en fait et il le savait, a une responsabilité particulière".

Affréteur, armateur, gestionnaire : qui est responsable ?

L'avocat de Total, Me Daniel Soulez-Larivière, a enfoncé le clou en début d'audience, d'autant que le tribunal avait pris connaissance la veille d'une note interne dans laquelle le groupe s'inquiétait dès 1998 de ses responsabilités d'affréteur en cas de catastrophe maritime. Le "vetting", c'est-à-dire l'inspection des navires par les compagnies pétrolières, ce n'est pas "faire le travail des sociétés de classification" qui autorisent ou pas, après inspection, le bateau à prendre la mer, a-t-il insisté. Auteur de cette note interne et également prévenu en tant qu'ancien directeur des affaires juridiques du service trading/shipping de Total, Bertrand Thouillin a souligné que la compagnie n'avait pas "pour vocation à intervenir dans le suivi de l'exploitation et de la structure (du bateau) qui relève des compétences de sociétés de classification".

Au fur et à mesure que le tribunal s'enfonce dans les complexes structures de propriété et de gestion du navire, avec moult sociétés offshore, l'armateur Giuseppe Savarese et le gestionnaire Antonio Pollara minimisent leurs responsabilités. "J'ai toujours confié les tâches techniques à des tierces personnes car je n'ai pas les qualifications", dit l'armateur. Dans une bataille de chiffres avec le président du tribunal, il s'est défendu mercredi d'avoir été financièrement aux abois au moment du drame, argument développé par l'accusation qui lui reproche d'avoir utilisé l'Erika à outrance pour le rentabiliser. Quant au gestionnaire, certes la société Panship où il travaillait avait passé contrat pour gérer le navire et cela incluait notamment le service technique. "Mais, dit-il, je n'étais que président du conseil d'administration, à qui je devais référer. Les bateaux appartenaient aux armateurs, pas à moi, ce n'est pas moi qui commandais".

D'après agence

le 14 février 2007 à 19:02
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14 Commentaires

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  • Petitpiou, le 15/02/2007 à 10h37

    Eh ben, justement! En tant que président du conseil d'administration il est au moins aussi responsable que l'employé de maintenance menacé de licenciement s'il ne fait pas passer le test au navire. Avec la sous-traitance, les tricheurs croient s'affranchir des responsabilités en endossant les catastrophes sur les sous-traitants.

  • Michel, le 15/02/2007 à 08h46

    Si les français continuent cette polémique contre Total, ce dernier n'hésitera pas à se délocaliser, et les français paieront encore plus d'impôts à cause du manque à gagner.

  • Jean-Luc, le 14/02/2007 à 23h23

    Ca fait peur... Si j'envoie une lettre par la poste et que le facteur renverse un pieton, je suis donc responsable...

  • Sophie, le 14/02/2007 à 22h44

    Lamentable...

  • Jp85600, le 14/02/2007 à 20h43

    Je n'ai qu'une chose à dire SCANDALEUX !!!!!!!!!!!!!!!! Merci de me publier cette fois

  • Calidris, le 14/02/2007 à 20h34

    Le titre de cet aticle me parait abusif. Il sous entend la culpabilité de l'entreprise Total et accuse sa rapacité. Or jusqu'à présent, il n'existe pas de preuve de négligeance de sa part. Total ne serait coupable que parcequ'il est riche, c'est un peu court!

  • Jibon, le 14/02/2007 à 20h28

    Cette affaire dans laquelle Total ne sera pratiquement condamné à rien montrera la toute-puissance du lobby pétrolier sur le pouvoir judiciaire.

  • JJR, le 14/02/2007 à 20h07

    On ne voit pas très bien pourquoi un transporté serait responsable du transporteur.Le fait que Total fasse des profits n'a aucune relation juridique avec la catastrophe occasionnée par l'Erika.Il serait extrêmement grave que le tribunal fasse l'amalgame.Une jurisprudence de cette nature risquerait de déboucher sur des procès surréalistes où l'on verrait un veuf fortuné traîné devant les tribunaux par le ministère des transports pour demander réparation de dégats causés à la chaussée par l'accident provoqué par un bus et dont la femme comptait parmi les victimes.

  • Georges Praud, le 14/02/2007 à 19h59

    Encore un malaise bien francais. Il s'agit la d'une catastrophe due au temps - un accident donc. Il y a des assurances pour couvrir ce genre de risques. Total etait assuré, et a respecte les lois en vigueur. Pourquoi les authorites locales n'ont elles pas d'assurances pour ce genre de catastrophes assez probable, et pourquoi les associations protectrices des oiseaux ne prennent pas de telles dispositions. Que chacun se responsabilise, et arretons toujours de jalouser ceux qui reussissent.

  • True Evil, le 14/02/2007 à 19h52

    TOTAL, vous n'irez plus chez nous par hazard...

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