Militants de Greenpeace manifestant contre Total au procès du naufrage de l'Erika © TF1/LCITotal a redoublé de vigueur mercredi au tribunal de Paris pour rejeter toute responsabilité dans le naufrage de l'Erika, d'autant que les parties civiles, en mal d'indemnisations, guignent ses profits record pour 2006. La troisième audience s'est en effet ouverte quelques heures après l'annonce par le groupe pétrolier d'un bénéfice 2006 à 12,58 milliards d'euros, le plus gros jamais enregistré par une entreprise française. Pour autant, le groupe n'entend pas reverser la moindre miette aux 70 parties civiles, collectivités bretonnes en tête, qui attendent du procès des indemnisations pour les dégâts de la marée noire de décembre 1999, dont le total dépasserait le milliard d'euros.
Erika : les condamnations seront-elles annulées ? Réponse le 25 septembre
La Cour de cassation dira le 25 septembre si les condamnations de Total et de 3 autres prévenus dans l'affaire de la marée noire de 1999 seront annulées. C'est ce qu'a de nouveau préconisé l'avocat général pendant l'audience jeudi.
Publié le 24/05/2012
Erika : la Cour de cassation va-t-elle tout annuler ?
La chambre criminelle doit se prononcer sur la régularité juridique de l'arrêt rendu en 2010 par la cour d'appel de Paris, et non sur le fond de l'affaire. Mais toutes les condamnations pourraient être annulées.
Publié le 24/05/2012
Hors audience, la députée PS du Finistère Marylise Lebranchu a dit "se mettre à la place du citoyen qui a subi de plein fouet la marée noire" et apprend les résultats financiers du groupe. "Ça l'interroge encore plus fortement quand les bénéfices sont aussi importants", a commenté l'ancienne garde des sceaux. Pour sa part, en présentant les résultats financiers, le président sortant de Total, Thierry Desmarest, a pointé du doigt la responsabilité de la société italienne de classification du bateau, le Rina, également prévenue : "Nous pensons que le Rina, en certifiant ce bateau dans un état dans lequel il n'était pas en fait et il le savait, a une responsabilité particulière".
Affréteur, armateur, gestionnaire : qui est responsable ?
L'avocat de Total, Me Daniel Soulez-Larivière, a enfoncé le clou en début d'audience, d'autant que le tribunal avait pris connaissance la veille d'une note interne dans laquelle le groupe s'inquiétait dès 1998 de ses responsabilités d'affréteur en cas de catastrophe maritime. Le "vetting", c'est-à-dire l'inspection des navires par les compagnies pétrolières, ce n'est pas "faire le travail des sociétés de classification" qui autorisent ou pas, après inspection, le bateau à prendre la mer, a-t-il insisté. Auteur de cette note interne et également prévenu en tant qu'ancien directeur des affaires juridiques du service trading/shipping de Total, Bertrand Thouillin a souligné que la compagnie n'avait pas "pour vocation à intervenir dans le suivi de l'exploitation et de la structure (du bateau) qui relève des compétences de sociétés de classification".
Au fur et à mesure que le tribunal s'enfonce dans les complexes structures de propriété et de gestion du navire, avec moult sociétés offshore, l'armateur Giuseppe Savarese et le gestionnaire Antonio Pollara minimisent leurs responsabilités. "J'ai toujours confié les tâches techniques à des tierces personnes car je n'ai pas les qualifications", dit l'armateur. Dans une bataille de chiffres avec le président du tribunal, il s'est défendu mercredi d'avoir été financièrement aux abois au moment du drame, argument développé par l'accusation qui lui reproche d'avoir utilisé l'Erika à outrance pour le rentabiliser. Quant au gestionnaire, certes la société Panship où il travaillait avait passé contrat pour gérer le navire et cela incluait notamment le service technique. "Mais, dit-il, je n'étais que président du conseil d'administration, à qui je devais référer. Les bateaux appartenaient aux armateurs, pas à moi, ce n'est pas moi qui commandais".
D'après agence
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