Cesare Battisti, à sa sortie de détention en 2004 © TF1/LCIJuin 1979 : Cesare Battisti, membre de l'organisation d'extrême gauche des "Prolétaires armés pour le communisme" est arrêté dans le cadre de l'enquête sur quatre assassinats en 1978-1979, dont celui d'un bijoutier milanais et d'une série de cambriolages.
Octobre 1981 : Il s'évade de la prison romaine de Frosinone avant de se réfugier au Mexique pour huit ans de clandestinité. Il rencontre le sous-commandant Marcos.
1985 : Le président François Mitterrand prend l'engagement de ne pas extrader les anciens militants d'extrême gauche à condition qu'ils renoncent à la violence. Battisti bénéficie de cette "jurisprudence Mitterrand" comme une centaine d'activistes ou de sympathisants réfugiés dans l'Hexagone.
1990 : Cesare Battisti s'installe à Paris où il vit au grand jour. Titulaire d'un titre de séjour obtenu rapidement, Battisti, père de deux filles, entame une carrière d'auteur de romans noirs. Concierge dans le 9è arrondissement pour assurer ses fins de mois, il publie une douzaine de titres.
1993 : La justice italienne le condamne à la réclusion criminelle à perpétuité par contumace pour quatre "homicides aggravés".
2002 : En mars, le ministre italien de la Justice accuse la France d'être "un sanctuaire de terroristes". Battisti explique à l'AFP que "la France était le seul pays au monde où une existence officielle était possible". En août, une première extradition frappe l'un des bénéficiaires de la "jurisprudence Mitterrand", Paolo Persichetti.
Février 2004 : C'est au tour de Cesare Battisti d'être sous le coup d'une procédure d'extradition vers l'Italie. Il est arrêté le 10 février, puis remis en liberté sous contrôle judiciaire.
Juillet 2004 : Jacques Chirac déclare qu'"il est de notre devoir de répondre favorablement à une demande d'extradition."
Août 2004 : Cesare Battisti entre de nouveau dans la clandestinité, juste après l'arrêt autorisant son extradition, rendu le 30 juin et alors suspendu à un recours en cassation.
Mars 2005 : Le Conseil d'Etat porte un coup fatal à la "jurisprudence Mitterrand" estimant que les propos de l'ancien président socialiste constituaient de simples déclarations d'intention (...) dépourvues d'effet de droit".
Avril 2006 : Dans un livre publié il y a un an, Ma Cavale, Cesare Battisti réaffirme être la victime d'un complot politico-judiciaire. "Je suis coupable, comme je l'ai dit souvent, d'avoir participé à un groupe armé subversif et d'avoir porté des armes. Je n'ai jamais tiré sur personne", écrivait-il.
Six mois plus tard, un Italien, devenu tétraplégique après un attentat attribué à Battisti en 1979, sort lui aussi un livre pour rappeler le coût humain du terrorisme d'extrême gauche dans l'Italie des "années de plomb". Il exprimait aussi sa "stupeur" devant le mouvement de solidarité de nombreux écrivains français pour Battisti.
Mars 2007 : Cesare Battisti est arrêté au Brésil. Il risque désormais d'être extradé vers la France ou l'Italie. Reste que la procédure d'extradition peut prendre six mois, a expliqué Interpol. Un délai qu'il devrait passer en détention.
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