L'infirmière Chantal Chanel (au 1er plan) et le docteur Laurence Tramois (derrière elle), jugées pour euthanasie © TF1/LCI"C'est odieux ce qu'on fait subir à Chantal et Laurence, c'est odieux ce qu'on fait subir à ma famille", a tonné mercredi à la barre Laurent Druais, assurant que sa mère, hospitalisée en phase terminale d'un cancer du pancréas, voulait "en finir". Sans exception, les proches de Paulette Druais, décédée en 2003 à la suite d'une injection mortelle, se sont montrés solidaires avec la médecin et l'infirmière qui comparaissent devant la cour d'assises de Périgueux.
Le Dr Laurence Tramois, et l'infirmière Chantal Chanel "n'ont rien à faire dans cette salle", a martelé Laurent Druais, à l'instar de son père, hier. "Elle voulait qu'on abrège ses souffrances, elle voulait qu'on l'aide à partir. Ca, elle me l'a demandé. Ça devait être vers le 20 ou le 21 août 2003", a-t-il affirmé. Paulette Druais devait décéder le 25. Reconnaissant que la famille n'avait jamais clairement "abordé le sujet" de l'euthanasie, il a assuré toutefois que tous partageaient "une très grande détresse", en raison du calvaire vécu par sa mère, et que la nouvelle de son décès avait été "un très grand soulagement".
"Elle m'a demandé de la libérer de ce calvaire"
Appelée à la barre, sa compagne Sophie Tramois, sœur du Dr Tramois et aide-soignante à l'hôpital Saint-Astier où était hospitalisée sa belle-mère, a assuré, comme d'autres personnels soignants le confirmeront dans l'après-midi, que Mme Druais "a dit qu'elle voulait mourir mais qu'elle n'y arrivait pas". D'autres témoins, membres du personnel hospitalier, se sont appliqués à décrire une Paulette Druais "fière", "attachante", "coquette", désireuse de "rester digne jusqu'au bout", et dont les heures étaient comptées. "Elle m'a demandé de l'aider à partir", affirme Catherine Lestangt, aide-soignante à Saint-Astier, "elle m'a demandé de la libérer de ce calvaire".
Jeudi matin, le Dr Laurence Tramois a assuré la cour d'assises de la Dordogne qu'elle "ne regrettait rien". "C'était un acte d'amour, de respect", a-t-elle expliqué. "Je n'ai pas été à la hauteur de l'équipe soignante", a cependant admis le médecin, qui reconnaît qu'elle aurait dû "appeler l'infirmière" ce 25 août 2003 au soir, pour s'expliquer sur sa prescription. "Je me présente à vous en tant qu'auteur" des faits, a lancé aux jurés le Dr Tramois, désirant dédouaner une nouvelle fois sa co-accusée. Se décrivant comme "intégrée à la famille" de sa patiente, le Dr Tramois a reconnu que "si ça n'avait pas été Paulette", elle n'aurait pas prescrit l'injection létale. Le verdict est attendu jeudi soir.
D'après agence
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