Cette femme de 36 ans a vécu un véritable calvaire © LCI"Séquestration", "violences", "rétribution inexistante ou insuffisante du travail d'une personne vulnérable ou dépendante" et "soumission à des conditions d'hébergement indignes" : la liste des poursuites est longue. Le procureur a requis mercredi devant le tribunal de Bobigny quatre à cinq ans de prison, dont trois ferme, contre un couple soupçonné d'avoir séquestré, violenté et fait travailler sans rétribution dans leur appartement à Bondy, en Seine-Saint-Denis, une mère, hébergée avec sa fille.
Ils l'avaient transformée en esclave, ils écopent de sursis
Un couple franco-malien a été condamné mardi par la cour d'appel de Paris à deux ans de prison avec sursis pour avoir, durant neuf ans, soumis à un esclavage domestique Rose, une jeune Malienne.
Publié le 29/06/2010
Le procureur a demandé la peine maximum contre les ex-concubins, Zohra Boutebel, 41 ans, et Laurent Moreau, 26 ans, qui ont nié à l'audience la quasi-totalité des accusations formulées par la victime et sa fille. Après l'alerte donnée par un voisin, la jeune femme avait été retrouvée le 3 novembre 2004, prostrée sur le balcon d'un appartement du centre de Bondy, en chemise de nuit, la fenêtre fermée de l'intérieur.
La victime, âgée de 36 ans aujourd'hui, affirme que celle qui l'hébergeait la frappait avec un bâton, puis une barre de fer une fois le bâton cassé, l'enfermait sur le balcon dans la journée, et qu'elle y avait même passé quelques nuits. Tous les matins, elle devait faire le ménage du grand trois pièces. "Quand ce n'était pas assez soigneux, assez propre, c'était les coups", a raconté très émue la jeune femme au visage de madone. L'expert qui l'examinera constatera de nombreuses ecchymoses.
Jugement mis en délibéré au 4 avril
Ses papiers avaient été confisqués par le couple, qui laissait en revanche sortir l'adolescente, scolarisée. Celle-ci, âgée de 16 ans aujourd'hui, confie aussi avoir été "frappée" et "brûlée au gaz" par Zohra Boutebel "quand elle avait de mauvaises notes" au lycée. Mme Boutebel nie avoir été violente envers les deux femmes, comme elle réfute avoir régulièrement enfermé sur le balcon la jeune femme ou avoir prélevé le RMI de son "amie".
Le jour où les pompiers ont secouru la victime avec une grande échelle? "J'avais oublié qu'elle était sur le balcon", "je n'ai pas voulu le faire", assure-t-elle à l'audience, avant de se contredire un peu plus tard, sur les questions insistantes du procureur. "Je ne voulais pas la laisser dans l'appartement", "je ne lui faisais pas confiance", dira-t-elle. Les deux prévenus assurent avoir voulu "protéger" les deux femmes, sans domicile après une expropriation, et surtout assurer l'éducation de la fille de la victime.
Le procès a montré la complexité des relations au sein du trio féminin, dominé par la personnalité de Mme Boutebel, "qui décidait de tout", affirment la mère et la fille. La fille de la victime reconnaît avoir considéré un moment Zohra Boutebel "comme sa mère", celle qui "était toujours là", quand, avant la période des faits, sa mère ne l'a pas toujours été, ou était sous dépendance de l'alcool. Aujourd'hui, la lycéenne affirme avoir été "manipulée". "Elle me disait que j'étais illettrée, que je finirais sur le trottoir", "j'étais sous son influence". A l'issue du procès, Zohra Boutebel a tenu à "s'excuser si je leur ai fait du mal". Le jugement a été mis en délibéré au 4 avril.
D'après agence
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