L'infirmière Chantal Chanel à l'ouverture du "procès de l'euthanasie" à Périgueux (12 mars 2007) © TF1/LCIL'association Faut qu'on s'active, qui milite contre l'acharnement thérapeutique et pour "dépénaliser l'exception d'euthanasie", redoute que le procès se solde par "une condamnation pour l'exemple". Chantal Chanel, 40 ans, et Laurence Tramois, 34 ans, sont jugées jusqu'à vendredi devant la cour d'assises de Périgueux respectivement pour "empoisonnement" et "complicité d'empoisonnement" pour avoir, la première, administré et, la seconde, prescrit une injection létale à Paulette Druais, 65 ans. Cette dernière était atteinte d'un cancer du pancréas en phase terminale et hospitalisée à Saint-Astier. Le procès s'est ouvert ce lundi matin.
Laurence Tramois justifiait la prescription de cet acte d'euthanasie par son souci de "respecter l'intégrité physique" de sa patiente, victime "d'occlusions intestinales" et qui "pourrissait de l'intérieur". Le fils de Mme Druais, qui comme son père a refusé de se porter partie civile, se déclarait d'ailleurs en juin dernier "dégoûté et triste" de la décision de renvoyer les deux femmes devant une cour d'assises "comme des criminelles". "C'était la fin, elle nous avait réunis pour nous faire ses adieux" peu de jours auparavant, a-t-il témoigné. En l'absence de volonté familiale de poursuivre les deux accusées, c'est une cadre de l'hôpital, ayant eu vent de la situation, qui en avait informé le directeur de l'établissement, lequel avait saisi la justice.
"Un procès qui n'a aucune raison d'être"
"C'est un procès qui n'a aucune raison d'être, ce n'est pas à la justice de trancher dans un débat de société que les politiques n'ont pas le courage de trancher", a estimé lundi Vincent Léna, président de Faut qu'on s'active, au cours d'une conférence de presse au côté de Marie Humbert. "Ce matin, en rentrant dans cette salle, j'ai été bouleversée. Je me suis mise à leur place", a indiqué pour sa part Mme Humbert, estimant que la situation des deux accusées avait quelque chose de "dégradant". "Elles n'ont pas leur place ici", a-t-elle ajouté.
Marie Humbert et le Dr Frédéric Chaussoy, appelé à témoigner dans ce procès, avaient bénéficié d'un non-lieu en février 2006 après avoir été poursuivis pour avoir donné la mort à Vincent Humbert, le fils de Marie Humbert, tétraplégique, muet et quasiment aveugle, mais avec toutes ses capacités intellectuelles, après un accident de la route, en 2000. "J'espère de tout mon coeur qu'elles vont être acquittées", a souhaité Mme Humbert, estimant qu'il est "anormal de juger des personnes honnêtes qui ont fait quelque chose par amour". Vincent Léna a indiqué pour sa part qu'il avait saisi le Garde des Sceaux, Pascal Clément, pour lui demander de "faire passer des instructions pour arrêter les poursuites".
D'après agence
Retour MYTF1
Chargement en cours...




