"Ce n'est pas à la justice de trancher"

le 12 mars 2007 à 14h03 , mis à jour le 12 mars 2007 à 18h33

Les militants pour la dépénalisation de l'euthanasie redoutent "une condamnation pour l'exemple" au procès de Chantal Chanel et Laurence Tramois.

TF1/LCI : L'infirmière Chantal Chanel à l'ouverture du "procès de l'euthanasie" à Périgueux (12 mars 2007)L'infirmière Chantal Chanel à l'ouverture du "procès de l'euthanasie" à Périgueux (12 mars 2007) © TF1/LCI

L'association Faut qu'on s'active, qui milite contre l'acharnement thérapeutique et pour "dépénaliser l'exception d'euthanasie", redoute que le procès se solde par "une condamnation pour l'exemple". Chantal Chanel, 40 ans, et Laurence Tramois, 34 ans, sont jugées jusqu'à vendredi devant la cour d'assises de Périgueux respectivement pour "empoisonnement" et "complicité d'empoisonnement" pour avoir, la première, administré et, la seconde, prescrit une injection létale à Paulette Druais, 65 ans. Cette dernière était atteinte d'un cancer du pancréas en phase terminale et hospitalisée à Saint-Astier. Le procès s'est ouvert ce lundi matin.

Laurence Tramois justifiait la prescription de cet acte d'euthanasie par son souci de "respecter l'intégrité physique" de sa patiente, victime "d'occlusions intestinales" et qui "pourrissait de l'intérieur". Le fils de Mme Druais, qui comme son père a refusé de se porter partie civile, se déclarait d'ailleurs en juin dernier "dégoûté et triste" de la décision de renvoyer les deux femmes devant une cour d'assises "comme des criminelles". "C'était la fin, elle nous avait réunis pour nous faire ses adieux" peu de jours auparavant, a-t-il témoigné. En l'absence de volonté familiale de poursuivre les deux accusées, c'est une cadre de l'hôpital, ayant eu vent de la situation, qui en avait informé le directeur de l'établissement, lequel avait saisi la justice.

"Un procès qui n'a aucune raison d'être"

"C'est un procès qui n'a aucune raison d'être, ce n'est pas à la justice de trancher dans un débat de société que les politiques n'ont pas le courage de trancher", a estimé lundi Vincent Léna, président de Faut qu'on s'active, au cours d'une conférence de presse au côté de Marie Humbert. "Ce matin, en rentrant dans cette salle, j'ai été bouleversée. Je me suis mise à leur place", a indiqué pour sa part Mme Humbert, estimant que la situation des deux accusées avait quelque chose de "dégradant". "Elles n'ont pas leur place ici", a-t-elle ajouté.

Marie Humbert et le Dr Frédéric Chaussoy, appelé à témoigner dans ce procès, avaient bénéficié d'un non-lieu en février 2006 après avoir été poursuivis pour avoir donné la mort à Vincent Humbert, le fils de Marie Humbert, tétraplégique, muet et quasiment aveugle, mais avec toutes ses capacités intellectuelles, après un accident de la route, en 2000. "J'espère de tout mon coeur qu'elles vont être acquittées", a souhaité Mme Humbert, estimant qu'il est "anormal de juger des personnes honnêtes qui ont fait quelque chose par amour". Vincent Léna a indiqué pour sa part qu'il avait saisi le Garde des Sceaux, Pascal Clément, pour lui demander de "faire passer des instructions pour arrêter les poursuites".

D'après agence

le 12 mars 2007 à 14:03
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9 Commentaires

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  • J.P, le 12/03/2007 à 18h55

    J'ai pour ma part été confronté à ce problême il y a 6 ans avec mon père atteint d'un cancer du poumon et en accord avec le médecin,mon pére a pu s'en aller sereinement et j'en suis toujours reconnaissant au corps médical d'avoir pris cette décision.

  • Leduigou, le 12/03/2007 à 18h50

    Se mobiliser ? ou merci de me repondre

  • Al@in, le 12/03/2007 à 18h49

    C'est un bateau ivre, qui, selon l'endroit d'où souffle le vent, échouera ou réussira. La distance peut être mince entre criminalité et compassion.

  • Michel, le 12/03/2007 à 18h10

    Ce ne sont pas les juges qu?il faut fustiger dans cette affaire, mais les législateurs qui sont bien trop soucieux de leur carrière pour prendre le risque de mécontenter les électeurs croyants?

  • MONEY, le 12/03/2007 à 15h46

    Il y a 17 ans, j'ai vu partir ma mère d'un cancer en toute dignité, libérée grâce à des personnes comme vous, qui l'ont aidée à franchir ce pas. A CES PERSONNES, A VOUS MESDAMES, un grand merci et tout mon être vous soutient.

  • ANGEL, le 12/03/2007 à 15h42

    Je pense que ces deux femmes ont permis à la malade la cessation de ses souffrances.... La famille elle même reconnait ce geste comme libérateur et ne souhaite pas entreprendre d'action en justice. De quel droit peut-on se substituer à ces derniers? Respectons leur décision et remercions ces médecins et soignants qui respectent l'image du malade et abrègent leur souffrance...

  • Laurence, le 12/03/2007 à 15h40

    Ma mère est décédée d'un cancer l'année dernière à l'âge de 62 ans. Les deux derniers mois ont été très dur, vous la voyez dépérir à vue d'oeil, sans rien pouvoir faire. Elle avait tellement maigrie qu'ils ne pouvaient pas lui mettre de perfusion, pour la douleur ils lui collaient des patchs, mais elle gémissait quand même.J'espère que la loi va changer. Je suis de tout coeur avec le docteur et l'infirmière, on ne peut pas laisser les personnes souffrir ainsi. L'image de mère en fin de vie reste graver en moi, c'est vraiment très dur. Merci de ne pas me censuré.

  • Schott annick et daniel, le 12/03/2007 à 15h32

    Nous trouvons scandaleux qu'on puisse traduire en justice des gens qui ont aidé des personnes qui souhaiter mourir dignement sans subir d'archarnement thérapeuthiques.

  • Jacquet, le 12/03/2007 à 14h48

    Tous ceux qui souhaitent qu'un jours on abrège leur souffrance doivent se mobiliser:Qui organisera une pétition Nationale pour obtenir le droit de terminer sa vie dignement!!

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