L'infirmière Chantal Chanel (au 1er plan) et le docteur Laurence Tramois (derrière elle), jugées pour euthanasie © TF1/LCICette petite femme aux cheveux blonds coupés courts, vêtue de noir, est une battante. Issue d'une famille modeste, elle est parvenue à réaliser son rêve de devenir médecin à force de volonté et d'abnégation. Mais ce 25 août 2003 au soir, le Dr Laurence Tramois était, selon les experts, dans une situation de "burn out". Un épuisement psychologique total face aux souffrances de sa patiente, qui était aussi la belle-mère de sa sœur.
Accusée devant la cour d'assises de Périgueux d'avoir prescrit une injection létale pour provoquer la mort de la malade, atteinte d'un cancer du pancréas en phase terminale, Laurence Tramois a tenu lundi à assumer "l'entière responsabilité" des faits. Poursuivie pour "complicité d'empoisonnement", elle a insisté pour se présenter comme "auteur de ce qui s'est passé". Laurence Tramois comparaît libre tout comme Chantal Chanel, une infirmière de 40 ans accusée "d'empoisonnement" pour avoir administré à Paulette Druais, sur la prescription du médecin, une dose mortelle de potassium.
Le Dr Frédéric Chaussoy, chef du service de réanimation de Berck-sur-Mer, dans le Pas-de-Calais, qui avait débranché en 2003 le respirateur de Vincent Humbert et bénéficié en février 2006 d'un non-lieu, est venu témoigner devant la cour son "soutien" aux deux femmes, trouvant "injuste" qu'elles se retrouvent dans le box des accusés. "J'aurais pu être assis sur un même banc si je n'étais pas tombé sur un magistrat qui a pris la mesure de l'humanité du dossier", a-t-il poursuivi.
Droit au "laisser-mourir"
Au cours de l'instruction, le Dr Tramois avait expliqué avoir pris sa décision pour préserver la dignité de la malade craignant la survenue imminente de vomissements fécaloïdes en raison d'une occlusion intestinale. Selon l'enquête, la décision avait été prise en dehors de toute concertation avec les proches de la patiente qui aurait toutefois indiqué à plusieurs personnes qu'elle souhaitait mourir dans la dignité. Son mari et son fils ne se sont pas constitués parties civiles dans le dossier.
Le procès de Périgueux a relancé, en pleine campagne électorale, le débat sur la légalisation de l'euthanasie qui avait déjà fait rage en 2003 lors de l'affaire Vincent Humbert. Cette affaire avait inspiré la loi Leonetti d'avril 2005, instaurant un droit au "laisser-mourir", sans toutefois légaliser l'euthanasie.
D'après agence
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