Euthanasie : la médecin assume "l'entière responsabilité"

le 12 mars 2007 à 18h34 , mis à jour le 12 mars 2007 à 22h06

Selon les experts, le Dr Laurence Tramois était, le soir des faits, dans un état d'épuisement psychologique total.

TF1/LCI : L'infirmière Chantal Chanel (au 1er plan) et le docteur Laurence Tramois (derrière elle), jugées pour euthanasieL'infirmière Chantal Chanel (au 1er plan) et le docteur Laurence Tramois (derrière elle), jugées pour euthanasie © TF1/LCI

Cette petite femme aux cheveux blonds coupés courts, vêtue de noir, est une battante. Issue d'une famille modeste, elle est parvenue à réaliser son rêve de devenir médecin à force de volonté et d'abnégation. Mais ce 25 août 2003 au soir, le Dr Laurence Tramois était, selon les experts, dans une situation de "burn out". Un épuisement psychologique total face aux souffrances de sa patiente, qui était aussi la belle-mère de sa sœur.

Accusée devant la cour d'assises de Périgueux d'avoir prescrit une injection létale pour provoquer la mort de la malade, atteinte d'un cancer du pancréas en phase terminale, Laurence Tramois a tenu lundi à assumer "l'entière responsabilité" des faits. Poursuivie pour "complicité d'empoisonnement", elle a insisté pour se présenter comme "auteur de ce qui s'est passé". Laurence Tramois comparaît libre tout comme Chantal Chanel, une infirmière de 40 ans accusée "d'empoisonnement" pour avoir administré à Paulette Druais, sur la prescription du médecin, une dose mortelle de potassium.

Le Dr Frédéric Chaussoy, chef du service de réanimation de Berck-sur-Mer, dans le Pas-de-Calais, qui avait débranché en 2003 le respirateur de Vincent Humbert et bénéficié en février 2006 d'un non-lieu, est venu témoigner devant la cour son "soutien" aux deux femmes, trouvant "injuste" qu'elles se retrouvent dans le box des accusés. "J'aurais pu être assis sur un même banc si je n'étais pas tombé sur un magistrat qui a pris la mesure de l'humanité du dossier", a-t-il poursuivi.

Droit au "laisser-mourir"

Au cours de l'instruction, le Dr Tramois avait expliqué avoir pris sa décision pour préserver la dignité de la malade craignant la survenue imminente de vomissements fécaloïdes en raison d'une occlusion intestinale. Selon l'enquête, la décision avait été prise en dehors de toute concertation avec les proches de la patiente qui aurait toutefois indiqué à plusieurs personnes qu'elle souhaitait mourir dans la dignité. Son mari et son fils ne se sont pas constitués parties civiles dans le dossier.

Le procès de Périgueux a relancé, en pleine campagne électorale, le débat sur la légalisation de l'euthanasie qui avait déjà fait rage en 2003 lors de l'affaire Vincent Humbert. Cette affaire avait inspiré la loi Leonetti d'avril 2005, instaurant un droit au "laisser-mourir", sans toutefois légaliser l'euthanasie.

D'après agence

le 12 mars 2007 à 18:34
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7 Commentaires

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  • Evelyne, le 12/03/2007 à 21h12

    Je soutiens complètement ces professionnelles, moi qui ai vu maman partir seule avec sa douleur, ne pouvant plus parler elle poussait des cris continuellement, lors de son décès on pouvait lire l'atroce souffrance sur son visage, elle aurait dû partir dans la dignité ! il faut que celà cesse et que chacun puissse partir dignement au moment où il le demande !

  • Daniere, le 12/03/2007 à 20h45

    CE procès ne se justifie pas

  • SANCHEZ, le 12/03/2007 à 20h36

    Quelle hypocrisie, on sait que depuis des décennies, cela se pratiquait déjà sans en "parler". De quel droit la justice est plus à même de statuer sur la façon de mourir de quelqu'un ! Le droit de mourir dans la dignité n'est-il pas plus important !!!

  • Marie-Madeleine ESSELIN, le 12/03/2007 à 20h29

    Je suis de tout coeur avec le Dr Tramois et l'infirmière Chantal Chanel, je pense qu'elles ont agit en connaisance de cause. Elles ont soulagé leur patiente de ses souffrances. je suis pour une mort decente et le droit au laisser-mourir dignement et sans souffrance.

  • Sophie, le 12/03/2007 à 20h01

    Medecins, justice, laissez les êtres humains choisir leurs fin de vie!! mourir dans la dignité!

  • Jacqueline92, le 12/03/2007 à 19h51

    Malheureusement on ne peut pas faire parler les morts ! Je suis outrée du motif pour lequel ce médecin est accusée alors qu'ELLE N'A FAIT QUE SON DEVOIR ET BIEN HUMAINEMENT. Comment va t elle se remettre de cette épreuve ?Soutenons la de toutes nos forces.

  • Fanny, le 12/03/2007 à 19h24

    Il serait temps qu'on reconnaisse qu'il faut tout d'abord un sacré courage pour soulager à leur demande, ceux qui souffrent dans ce combat contre la maladie. Sommes-nous seulement en mesure de nous mettre à leur place pour décider si oui ou non la société doit accepter cette réalité?...

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