Un film pour aller au-delà de la haine

Par , le 14 mars 2007 à 05h00 , mis à jour le 14 mars 2007 à 09h46

Chronique - 730 jours après le meurtre de leur fils homosexuel, tué dans un parc de Reims par trois néonazis, Jean-Paul et Marie-Cécile Chenu veulent comprendre.

Le chemin de croix des parents de François tué parce qu'homosexuel/DRLe chemin de croix des parents de François tué parce qu'homosexuel © DR

De longs silences sur des plans fixes, des notes de violon, de piano et des questions. Beaucoup de questions. "Pourquoi se sont-ils acharnés sur son visage ?", "à quelle heure précise est-il mort ?", "qui étaient les agresseurs ?"...

Le 10 septembre 2002, François Chenu est frappé à mort par trois skinheads dans un parc de Reims. Ces jeunes extrémistes, fortement alcoolisés, voulaient à la base "casser de l'Arabe". Après plus d'une heure de "chasse" infructueuse dans les rues de la ville, ils ont changé leur fusil d'épaule : ils ont "cassé du PD" : François, gérant d'un fast-food de Sedan, dans les Ardennes. Son corps sera retrouvé dans le lac, noyé. "Quand ils l'ont sorti de l'eau, je n'ai pas reconnu François, j'ai reconnu son implantation de cheveux", raconte Isabelle, l'une des sœurs de la victime.

Humain, très humain

730 jours après le meurtre de leur fils, Jean-Paul et Marie-Cécile Chenu ont accepté de se livrer à la caméra, celle du réalisateur Olivier Meyrou. Le film Au-delà de la haine, dans les salles depuis mercredi, détaille le processus de reconstruction d'une famille, qui veut comprendre pourquoi, qui cherche à dépasser sa douleur, loin du désir de vengeance initial. Décrypter cette logique de haine, cet engrenage aux conséquences dramatiques pour s'engager dans un combat en faveur de la tolérance et du respect de l'autre. Les interrogations sont omniprésentes. De celles que se posent les personnes qui reviennent des camps d'extermination nazis et qui veulent comprendre comment l'homme a pu engendrer une telle barbarie.

Au-delà de la haine explore aussi la dimension humaine du processus judiciaire. "J'ai surtout voulu m'attarder sur le processus de reconstruction, raconte Olivier Meyrou. A travers la famille de François, la prise de conscience des accusés, le travail des avocats, le film cherche à montrer comment l'intelligence collective peut être réparatrice".

Deux des néonazis seront condamnés à 20 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises de la Marne, le troisième, mineur, à 15 ans. "Nous souhaitons que tous les citoyens se sentent concernés sur ce qu'ils pourraient faire pour qu'un tel crime ou de telles agressions ne se reproduisent pas", espère la famille. Six mois après, Jean-Paul et Marie-Cécile Chenu envoient une lettre aux meurtriers de leur fils, sans désir de vengeance : "Il fallait que justice soit rendue, pour vous, pour vous rendre votre dignité d'être humain, dignité que vous avez perdue en tuant François. C'est dans l'épreuve que vous allez devenir des hommes."

Par Amélie Gautier le 14 mars 2007 à 05:00
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8 Commentaires

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  • Melinda, le 15/03/2007 à 08h20

    J'aimerais vraiment que vous me publiez car je trouve honteux la réaction d'Olivier d'Annecy. C'est totalement déplacé de chercher des excuses à des néonazis, sous pretexte qu'il n'y a pas qu'eux capables de faire du mal. Un peu de respect pour ces parents malheureux, victimes de néonazis - une des pires choses au monde. Merci

  • Mike, le 14/03/2007 à 17h02

    Bien que je sois tout a fait horrifie par ce genre de meurtre, je suis tout a fait d'accord avec les propos d'Olivier et cela est bien malheureux. La haine doit etre condamnee dans tous les sens

  • Vastre, le 14/03/2007 à 14h23

    Ce meurtre est abominable. Je ne vois pas ce qu'il y a à comprendre. Il faut sévir sans faiblesse pour donner l'exemple. On ne peut pas tolérer une reproduction de ce genre d'acte barbare et stupide.

  • Chrsitian, le 14/03/2007 à 12h15

    Ils veulent comprendre quoi ces pauvres gens, des tarés comme ces 3 pourritures, il y en a toujours et ils en existera toujours malheureusement....rien dans le cigare, laches et irrécupérables....

  • Laurent, le 14/03/2007 à 11h57

    Ben oui, au 21e siècle l'homophobie tue encore, même en France... et ça ne s'arrêtera pas tant que certains politiques continueront de traiter les homos comme des sous-citoyens, des parias, ou une "menace pour l'humanité" comme l'a dit un vieil imbécile de l'ump et comme l'a répeté un imbécile ici dans un commentaire sur un autre article... Ce genre d'histoire ne me donne qu'une envie, militer encore plus.

  • Antoniozi, le 14/03/2007 à 11h43

    D'accord avec olivier d'annecy, on a vraiment l'impression que dans notre société certain groupe sont plus à l'abri que d'autres

  • Sebastien, le 14/03/2007 à 10h51

    Le commentaire d'Olivier est hors sujet. (Merci de me publier)

  • Annick, le 14/03/2007 à 07h54

    Ca doit etre eprouvant pour ces parents de devoir faire leur deuil sans aucune haine c'est tout a leur honneur quand on voit qu'on est dans une ere de mechanceté et de connerie gratuite je dis souvent qu'en 2007 c'est une valeur sure tellement il y a des cas aux quotidien triste siecle

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