Un nouveau "procès de l'euthanasie" à Périgueux

le 12 mars 2007 à 06h45 , mis à jour le 12 mars 2007 à 09h48

Deux femmes, l'une médecin, l'autre infirmière, comparaissent pour avoir aidé à mourir une patiente atteinte d'un cancer.

TF1/LCI : L'infirmière Chantal Chanel (au 1er plan) et le docteur Laurence Tramois (derrière elle), jugées pour euthanasieL'infirmière Chantal Chanel (au 1er plan) et le docteur Laurence Tramois (derrière elle), jugées pour euthanasie © TF1/LCI

Avant même son ouverture, ce lundi matin, le procès était contesté. Dans un courrier adressé vendredi par fax au président de la Cour d'assises de Périgueux, des médecins et intellectuels avaient demandé son renvoi "après les campagnes électorales", au prétexte que "la sérénité du débat judiciaire qui s'impose dans une affaire de cette nature apparaît d'ores et déjà gravement compromise". Et quelques heures à peine avant cette initiative, un manifeste signé par 2000 professionnels de santé en faveur de la dépénalisation de l'euthanasie avait été publié dans un hebdomadaire.

Le difficile débat sur l'euthanasie et l'ombre de l'affaire Humbert planent sur le procès de l'infirmière Chantal Chanel et du docteur Laurence Tramois, accusées d'avoir aidé à mourir une patiente atteinte d'un cancer. La mère du jeune tétraplégique qui avait écrit à Jacques Chirac pour réclamer le "droit de mourir", et le Dr Chaussoy, sont d'ailleurs appelés à témoigner à Périgueux. En janvier 2006, le parquet avait demandé le renvoi des deux femmes aux assises pour "empoisonnement" et "complicité" trois jours à peine après les réquisitions de non lieu du procureur de Boulogne dans l'affaire Vincent Humbert... Autre coïncidence lourde de sens, la décision du parquet de Périgueux avait été confirmée le 13 juin suivant par la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Bordeaux, alors que le lendemain, la cour d'assises du Maine-et-Loire acquittait un jeune Danois qui avait aidé à mourir sa femme atteinte d'un cancer généralisé...

Les accusées soutenues par la famille de la patiente

L'infirmière et le médecin avaient été mises en examen en novembre 2003, la première pour avoir administré à une patiente de 65 ans en phase terminale d'un cancer du pancréas une piqûre mortelle de potassium et la seconde, qui faisait partie de l'entourage familial, pour avoir ordonné ce geste par une note. Chantal Chanel et Laurence Tramois, soeur de la belle-fille de la victime, ont toujours bénéficié du soutien de la famille de Paulette Druais, admise dans l'unité de soins palliatifs de l'hôpital de Saint-Astier (Dordogne), tombée dans le coma le 23 août 2003 et décédée le 25 au soir, quelques minutes après l'injection létale. Le fils de Mme Druais, qui comme son père a refusé de se porter partie civile, se déclarait d'ailleurs en juin dernier "dégoûté et triste" de la décision de renvoyer les deux femmes devant une cour d'assises "comme des criminelles".

Laurence Tramois justifiait la prescription de cet acte d'euthanasie par son souci de "respecter l'intégrité physique" de sa patiente, victime "d'occlusions intestinales" et qui "pourrissait de l'intérieur". "C'était la fin, elle nous avait réunis pour nous faire ses adieux" peu de jours auparavant, confirmait d'ailleurs Laurent Druais. En l'absence de volonté familiale de poursuivre les deux accusées, c'est une cadre de l'hôpital, ayant eu vent de la situation, qui en avait informé le directeur de l'établissement, lequel avait saisi la justice. Condamnée par le Conseil de l'ordre des médecins, Laurence Tramois a été suspendue 23 mois, dont 22 avec sursis. "C'est un acte qui est de la responsabilité du médecin qui accompagne son patient jusqu'au bout", déclarait-elle au lendemain de son renvoi.

D'après agence

le 12 mars 2007 à 06:45
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25 Commentaires

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  • Marie-paule, le 12/03/2007 à 13h16

    CE PROCES EST INDIGNE!CES DEUX FEMMES QUI ONT AIDE UNE PATIENTE A MOURIR DIGNEMENT EN ABREGEANT SES HORRIBLES SOUFFRANCES SE RETROUVENT DEVANT UNE COUR D'ASSISE ; CEUX QUI SOUS L'EMPRISE DE L'ALCOOL OU DE LA DROGRE TUENT SUR LA ROUTE ECHAPPERONT A A CE JUGEMENT EN ASSISE!JUSTICE VOUS AVEZ DIT JUSTICE?

  • Martin, le 12/03/2007 à 13h15

    Quand va t'on faire quelque chose pour l'euthanasie? Comment peut on laisser souffrir des gens? Surtout quand le patient le demande et que la famille est d'accord.Comment peut on accuser des gens qui ont le courage de faire quelque chose pour ceux qui souffrent et en même temps relacher des tueurs d'enfants qui récidivent par la suite, où est la vraie justice en France. Quand est ce que la justice va prendre ses responsabilités et arrêter de faire des erreurs impardonables .......

  • Therese marie, le 12/03/2007 à 13h07

    Je prie pour qu'un de mes 3 garçons m'amènenent un jour une belle fille (ou un gendre après tout), qui auront le courage et l'humanité d'abréger au plus vite mes souffrances. Ces deux femmes ont eu la bonté de le faire.

  • Dominique, le 12/03/2007 à 12h09

    Bonjour. Tout le monde nous dit de qui les deux "accusées" ont le soutien, mais personne nous dit qui s'est porté partie civile dans cette affaire, puisqu'il semble que personne n'ait porté plainte.

  • Barrau, le 12/03/2007 à 11h58

    Comment peut-on encore faire passer en justice des personnes qui ont le courage d'empêcher toute souffrance aux malades.Les personnes qui accusent ont-ils été en contact avec un membre de leur famille en fin de vie et jeune en âge.Le cancer au pancréas je sais ce que sait c'est horrible pour le malade pour l'entourage.Il faut arrêter de se voiler la face quand c'est fini c'est fini le corps médical est compétant et doit être seul juge face à ce problème bien sûr avec l'accord de la famille ,le malade (s'il est conscient) discussions ect....psychologie,accompagnement de la famille ça c'est important, mais qui d'autre peut se permettre de juger,mis à part les médecins

  • Fma, le 12/03/2007 à 11h55

    Je soutiens de toute mes forces ces deux femmes quel courage, une honte de les envoyer aux Assises comme des criminels de tout genre. Bravo pour votre geste.

  • V., le 12/03/2007 à 11h21

    Quelle hypocrisie de la justice... C'est un acte de courage pratiqué très régulièrement en France. Légiférons plutôt que de choisir des victimes...Il faut avoir vécu le cancer de très près pour comprendre un tel geste...Je le comprends.

  • Nadiran, le 12/03/2007 à 11h20

    A quoi bon un procès traumatisant, stupide et coûteux alors que la principale intéressée et sa famille avaient donné leurs accords ? L'administration hospitalière n'est pas si à cheval sur les principes du côté d'Epinal, par exemple.

  • Isabelle, le 12/03/2007 à 11h17

    Plus de la moitié de la population est POUR la légalité de l'euthanasie en France, Bcp de pays européens ont une loi en sa faveur, mais l'Etat Français reste dans un égoïsme épouvantable, face à ce que vivent les malades incurables pendant ce temps. Tant que nos politiques ne seront pas confrontés à ces cas, ils ne comprendront pas...! il est temps d'accepter l'euthanasie comme une délivrance tant pour les malades que pour la famille. Soyez réalistes...

  • Jacqueline92, le 12/03/2007 à 11h15

    J'ai vu mon frère mourir d'un cancer. C'est terrible. Il faudrait penser à la dignité des malades et la leur rendre quand ils le demandent. Quelle France rétrograde. Bon courage à ces deux dames à qui j'apporte mon chaleureux soutien.

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