Le PDG de Total, Christophe de Margerie (à gauche) © TF1/LCILe patron du groupe pétrolier français Total, Christophe de Margerie, a été placé en garde à vue mercredi à Paris sur commission rogatoire du juge Philippe Courroye dans une affaire de corruption concernant un marché gazier en Iran. Selon des sources proches du dossier, les policiers financiers ont interrogé le haut-dirigeant sur le contrat signé en 1997 par Total avec la société pétrolière nationale iranienne NIOC pour l'exploitation d'un champ gazier appelé South Pars.
La découverte de 95 millions de francs suisses (soit 60 millions d'euros) sur les comptes d'un intermédiaire avait laissé soupçonner à la justice française le versement de commissions occultes en marge de la conclusion de ce contrat.
Deux autres responsables de Total, premier groupe français en terme de chiffre d'affaires et de capitalisation boursière, devaient également être entendus par les enquêteurs mercredi : le directeur financier Robert Castaigne et le patron de la filière gaz Philippe Boisseau. Cette enquête avait été ouverte en décembre et avait été confiée aux juges Courroye et Xavière Simeoni.
"Pétrole contre nourriture"
Parallèlement, une information judiciaire a été ouverte début février pour "blanchiment" à la suite d'une enquête préliminaire ouverte le 8 janvier sur des soupçons de "corruption d'agents publics étrangers" dans l'exploitation et la commercialisation du pétrole au Cameroun. Les investigations avaient été lancées, dans cette affaire pouvant viser potentiellement Total, à la suite d'une dénonciation en novembre 2006 de Tracfin, la cellule antiblanchiment du ministère de l'Economie et des Finances.
Les enquêteurs n'interrogeront pas Christophe de Margerie sur ce sujet, selon une source proche du dossier. A ce jour, ils disposent uniquement de soupçons sur des mouvements de fonds suspects sur le compte d'un fonctionnaire camerounais en France.
Le PDG de Total et plusieurs autres dirigeants ou anciens dirigeants du groupe sont déjà mis en examen pour "complicité d'abus de biens sociaux et complicité de corruption d'agents publics étrangers" dans l'affaire "pétrole contre nourriture" : des flux financiers issus du groupe pétrolier auraient été destinés à favoriser l'obtention de pétrole en Irak.
D'après agences
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