Procès Duviau : le verdict attendu aujourd'hui

le 09 mars 2007 à 09h52 , mis à jour le 09 mars 2007 à 09h56

L'agriculteur jugé pour le meurtre de deux contrôleurs du travail, a raconté jeudi le drame sans pouvoir expliquer son geste.

TF1/LCI - Claude Duviau, l'agriculteur jugé pour le meurtre de deux inspecteurs du travail, le 5 mars 2007Claude Duviau, l'agriculteur jugé pour le meurtre de deux inspecteurs du travail, le 5 mars 2007 © TF1/LCI

Lors de l'audience de jeudi, Claude Duviau, l'agriculteur jugé pour le meurtre de deux contrôleurs du travail, a raconté le drame presque minute par minute mais sans pouvoir expliquer son geste. Il comparaît depuis lundi devant les assises de la Dordogne pour homicides volontaires sur personnes chargées d'une mission de service public, Sylvie Trémouille et Daniel Buffière, tués de coups de fusil de chasse après un simple contrôle de travailleurs saisonniers dans l'exploitation de Duviau.

Dans un récit raconté au présent comme s'il revivait devant la cour ce jour du 2 septembre 2004, cet homme de 59 ans, ancien militaire et agent d'assurances, s'est revu en train de tirer sur les deux contrôleurs, puis tentant de se suicider. Mais il ne sait toujours pas pourquoi. "J'avais des raisonnements complètement fous. Je n'étais plus sentimental, je ne supportais même plus mes petits-enfants, j'étais devenu une bête", plaide-t-il d'une voix forte. Plusieurs fois, l'accusé dit sa volonté d'expliquer "son ressenti", de "tout mettre sur la table". Il veut aussi "sauver d'autres personnes suicidaires qui en cas de contrôle pourraient disjoncter, pouvoir les intercepter. Je pense rédiger un livre pour raconter ce que j'ai vécu", ajoute-t-il.

"Abattus comme des chiens"

Les témoignages poignants des familles des victimes ont unanimement souligné la courtoisie et le sens du dialogue des deux contrôleurs. Sylvie Trémouille, mortellement blessée dans le dos en tentant de fuir, n'avait même pas eu le temps d'adresser la parole à l'agriculteur. Dans leur plaidoirie, les avocats des parties civiles ont trouvé dans la personnalité même de Duviau les raisons de son geste, jugeant qu'il avait commis ces meurtres "avec détermination et en toute connaissance de cause". "C'est un homme pouvant être dangereux dans certaines circonstances", estime ainsi Me Dominique Moneger, conseil de la famille Buffière et de la Mutualité sociale agricole.

Me Jean-Paul Teissonnière, qui représente plusieurs syndicats, a fait référence au suicide programmé par l'accusé. "A travers la désacralisation de la vie, on est capable d'accomplir les pires crimes". "Et ce n'est pas avec le sang des autres qu'on écrit un livre !", répond en écho le bâtonnier Me Patrice Reboul. Le verdict est attendu vendredi soir.

(D'après agence)

le 09 mars 2007 à 09:52
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