Image d'archives © TF1/LCILCI.fr : À Garges-lès-Gonesses, quatre pères risquent d'être condamnés pour des délits commis par leurs enfants. En vertu de l'article 227-17 du code pénal, ils risquent jusqu'à deux ans d'emprisonnement. Des cas comme ceux-là sont-ils si fréquents ?
Catherine Sultan, vice-présidente du tribunal pour enfants de Créteil et présidente de l'AFMJF (1) : L'article 227-17 est une disposition du code pénal déjà ancienne, mais qui est utilisée dans des cas extrêmement rares, quand les parents sont défaillants de manière volontaire dans leurs obligations légales concernant leurs enfants mineurs. L'article dit "au point de compromettre gravement la santé, la sécurité, la moralité ou l'éducation de son enfant mineur". A ce titre, il ne doit être utilisé qu'exceptionnellement et de manière réfléchie. Une mauvaise utilisation du 227-17 aurait des effets secondaires beaucoup plus négatifs que les effets positifs escomptés et saperait le peu d'autorité restant des parents.
LCI.fr : Pourtant, avec 105 condamnations en 2003, 134 en 2004 et 144 en 2005, on constate une augmentation des condamnations en vertu de l'article 227-17 ?
CS : Ce n'est pas dû à un nouveau comportement des mineurs délinquants. C'est plus lié à une récupération politique de la question et à des consignes données aux Parquets par le ministère. Cela va dans le même sens que la suppression des allocations familiales. Une suppression qui fragilise des parents dans une situation déjà fragile. L'augmentation de telles condamnations arrive à un moment où l'on a tendance à culpabiliser les parents en mettant l'accent sur la délinquance des mineurs.
LCI.fr : L'article 227-17 est-il la seule solution face à des cas comme celui de Garges-lès-Gonesse ?
CS : Pour répondre à des situations où les enfants sont des délinquants multirécidivistes, il existe un panel de mesures à disposition du juge des enfants. Le but est de donner aux parents les moyens de répondre aux besoins de leurs enfants pour rééquilibrer la relation parent-enfant. Ce n'est pas en sanctionnant les parents pénalement qu'on va régler le problème. Il ne faut surtout pas croire que les parents ne se préoccupent pas de leurs enfants. Les parents totalement démissionnaires sont extrêmement rares.
(1) Le site internet de l'Association française des magistrats de la jeunesse et de la famille
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