Sursis requis contre le médecin et l'infirmière

Par D.H. (avec agence), le 15 mars 2007 à 16h25 , mis à jour le 15 mars 2007 à 18h38

Les avocats généraux ont demandé à la cour d'assises de Dordogne de réaffirmer la loi par une peine symbolique.

TF1/LCI : L'infirmière Chantal Chanel (au 1er plan) et le docteur Laurence Tramois (derrière elle), jugées pour euthanasieL'infirmière Chantal Chanel (au 1er plan) et le docteur Laurence Tramois (derrière elle), jugées pour euthanasie © TF1/LCI

"C'est un interdit fondamental de notre société, sans lequel notre société n'aurait pas d'organisation. La blouse blanche et la seringue ne sont pas des causes d'immunité." Devant les assises de Dordogne, les deux avocats généraux ont requis jeudi après-midi deux ans de prison avec sursis contre le médecin Laurence Tramois et un an avec sursis contre l'infirmière Chantal Chanel, accusées d'empoisonnement pour avoir aidé à mourir une malade agonisante en 2003. Pour l'infirmière, ils ont en outre demandé que sa condamnation ne soit pas inscrite au casier judiciaire afin de lui éviter une "sanction administrative".

Une manière d'écouter les demandes d'acquittement, émanant même de la famille de la victime, sans y céder. Car il s'agit surtout, selon eux, de réaffirmer la loi qui interdit aux soignants de provoquer directement la mort de leurs patients, alors que ce nouveau procès a relancé le débat sur l'euthanasie et qu'un sondage a révélé jeudi que 87% des Français sont favorables à "la possibilité pour les personnes atteintes de maladies incurables de demander l'euthanasie" (lire l'encadré). Dans son réquisitoire, l'un des avocats généraux a mis en garde les jurés contre les "conséquences que pourraient avoir" une décision d'acquittement, soulignant "l'utilisation qui pourrait (en) être faite". Un tel verdict serait "utilisé, commenté, déformé", a-t-il estimé.

Médecin et famille ne regrettent pas

Le verdict est attendu dans la soirée. Auparavant, la défense entendait plaider l'acquittement. Et dans la matinée, le Dr Laurence Tramois a de nouveau assuré qu'elle "ne regrettait rien". "C'était un acte d'amour, de respect", a-t-elle expliqué. "Je n'ai pas été à la hauteur de l'équipe soignante", a cependant admis le médecin, qui reconnaît qu'elle aurait dû "appeler l'infirmière" ce 25 août 2003 au soir, pour s'expliquer sur sa prescription. "Je me présente à vous en tant qu'auteur" des faits, a lancé aux jurés le Dr Tramois, désirant dédouaner une nouvelle fois sa co-accusée et affirmant que "si ça n'avait pas été Paulette", elle n'aurait pas prescrit l'injection létale.

"C'est odieux ce qu'on fait subir à Chantal et Laurence, c'est odieux ce qu'on fait subir à ma famille", avait pour sa part tonné mercredi à la barre Laurent Druais, assurant que sa mère, hospitalisée en phase terminale d'un cancer du pancréas, voulait "en finir". Sans exception, les proches de Paulette Druais, se sont montrés solidaires avec la médecin et l'infirmière qui comparaissent devant la cour d'assises de Périgueux (lire notre article).

Sondage : 87% des Français favorables à l'euthanasie

Ils sont 43% à se dire "tout à fait favorables" et 44% "plutôt favorables" à "la possibilité pour les personnes atteintes de maladies incurables de demander l'euthanasie", selon un sondage Sofres pour le Nouvel Observateur publié jeudi. Une opinion autant partagée par les hommes et les femmes. Ils ne sont que 4% à être "plutôt opposés" et 3% à être "tout à fait opposés". 6% se disent "sans opinion". Les personnes se déclarant proches de l'extrême gauche sont celles qui sont les plus favorables (93%), suivies de celles se classant au centre (88%), puis des autres sensibilités, gauche, droite et extrême-droite, toutes à 86%.

Par D.H. (avec agence) le 15 mars 2007 à 16:25
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3 Commentaires

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  • Beck, le 15/03/2007 à 16h59

    Je voudrai l'ACQUITTEMENT pour le médecin prescripteur et l'infirmière. La société nous a aidé à naitre, je ne lui reconnais pas le droit de nous condamné à vivre à perpétuité dans la souffrance et sans dignité, du seul fait qu'elle en a le Pouvoir. Personne ne détient. Il est même scandaleux que la société politique n'ai pas légiféré comme pour le peine de mort. C'est un sujet de société très important qu'on ne peut éternellement oblitérer et ce n'est pas à la justice de la faire. la loi doit être là pour cela.

  • GOURSAUD, le 15/03/2007 à 16h44

    Je trouve inadmisible que ces personnes soient jugées, car elles ont fait que "délivrer" la souffrance de leur patiente, les jurés n'ont jamais dû rencontrer un cas similaire dans leur famille!!!!!

  • Brigitte, le 15/03/2007 à 16h43

    Si la famille ne porte pas plainte, si le medecin est d'accord, si le patient le demande.....Pourquoi un procés????!!

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