Le PDG de Total, Christophe de Margerie (à gauche) © TF1/LCILe patron de Total Christophe de Margerie, mis en examen par le juge Philippe Courroye dans le cadre d'une affaire de corruption en Iran, affirme avoir "prévenu (son) supérieur hiérarchique", le pdg de l'époque Thierry Desmarest, selon des extraits de son audition publiés mardi par L'Est républicain.
"Lorsque j'ai décidé d'avoir recours à un contrat de lobby, c'est-à-dire en 1995/1996, j'ai prévenu mon supérieur hiérarchique, à savoir M. Thierry Desmarest, je lui ai dit que dans le cadre de ce contrat de 4 milliards de dollars, si nous voulions avoir une chance d'avancer (...) il fallait se faire aider", aurait affirmé Christophe de Margerie au juge. "Je lui ai dit que les sommes à verser dans ce contrat seraient prises en compte dans les calculs économiques permettant de déterminer la rentabilité du contrat pour Total ainsi que dans la transparence qu'il y aurait dans les paiements chez nous", a-t-il poursuivi.
Bijan Dadfar, homme d'affaires et lobbyiste
"La personne qui était mon interlocuteur était Bijan Dadfar (...) Bijan Dadfar est un homme d'affaires iranien. Il faisait du lobby et offrait ses services. Il s'agissait d'un lobby de facilitateurs", a-t-il précisé. "Je connais effectivement Mehdi Hachemi Rafsandjani", a-t-il aussi reconnu, "mais je ne connais pas les liens qui existent entre Bijan Dadfar et M. Rafsandjani".
Le contrat pour le champ gazier South Pars, sur lequel le juge Courroye enquête, a été conclu en 1997 entre la société pétrolière nationale iranienne NIOC, Total, le russe Gazprom et le malaisien Petronas. Selon une source proche du dossier, le magistrat français s'intéresse à la somme de 38 millions de dollars qui aurait transité par la Suisse entre 1997 et 2003. Selon la même source, l'argent prenait ensuite le chemin de Dubai, à destination de proches de la famille Rafsandjani. Les Hachemi Rafsandjani père et fils sont donc cités dans l'enquête française comme possibles partenaires de corruption de Total dans l'affaire de South Pars. Le juge Courroye soupçonne Total et Christophe de Margerie, qui était à l'époque des faits responsable pour la compagnie française du Moyen-Orient, d'avoir utilisé ce système de corruption pour remporter le contrat.
D'après agence
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