© TF1-LCIIl faut deux fois plus de temps pour traiter un dossier dans les tribunaux de grande instance du ressort de la cour d'appel de Colmar ou de Bastia, qu'à Caen ou Douai. Les parquets du ressort de la cour d'appel de Montpellier classent, en moyenne, trois affaires sur 10, sans suite... Voilà deux des conclusions de l'étude réalisée par la Chancellerie et publiée jeudi dans Le Figaro sur le bilan de l'activité de trente cours d'appel en 2005.
Ce palmarès des tribunaux comporte deux catégories : la lenteur judiciaire et le classement sans suite. Le ressort de Colmar détient le record de la lenteur en première instance avec un délai de dix mois. En appel, c'est Nancy qui détient le record avec un délai de 22 mois. Mais l'étude d'assurer que la situation s'est quand même améliorée depuis 2002, avec un délai moyen de traitement passé à 7,3 mois en première instance (contre neuf mois), et 14,2 mois en appel (contre 17).
Dans le palmarès, les classements sans suite des affaires pénales dites "poursuivables", donc après un premier tri, représente 22,1%. La cour d'appel de Montpellier est la lanterne rouge en classant trois affaires sur 10 en moyenne. Derrière elle : Aix-en-Provence, Toulouse, Lyon... En août 2006, le garde des Sceaux Pascal Clément s'était néanmoins félicité d'un taux de réponse pénale "en constante augmentation, passant de 68% en 2002 à 78% en 2005".
Parmi les justifications données : la faiblesse du trouble et du préjudice ou des "recherches infructueuses". Selon les syndicats de magistrats, il est aussi souvent imputable à la faiblesse des moyens humains et financiers du système judiciaire. "La France compte 7500 magistrats à peine plus qu'au XIXe siècle, explique un membre du barreau dans Le Figaro. L'Allemagne en compte 17.000". "Faire un bilan, c'est bien mais il faut passer désormais à la thérapeutique", note Bruno Thouzellier, le président de l'Union syndicale des magistrats (USM) interrogé par l'AFP.
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