© DRLe préjudice peut représenter jusqu'à 20% du salaire brut des intérimaires. Une enquête sur une escroquerie aux fiches de paye dont auraient été victimes des intérimaires de la société de travail temporaire Crit, a été ouverte à Paris, a indiqué jeudi une source judiciaire, confirmant une information de l'Express. Certaines agences du réseau sont soupçonnées d'avoir détourné le logiciel "Agathe", servant à rédiger les fiches de paie des quelque 45.000 employés du réseau Crit, afin de ne pas payer les indemnités de précarité et de congés payés.
Six cadres de la société, dont Nathalie Jaoui, présidente de Crit Intérim, ont été entendus en garde à vue par la police et des perquisitions ont été opérées au siège de l'entreprise, à Saint-Ouen, et dans plusieurs agences, fin mars, dans le cadre de ce dossier. Une information judiciaire a été ouverte en juin 2006 à la suite d'une plainte avec constitution de partie civile pour "escroquerie et vol" déposée par le syndicat CFTC du travail temporaire (SNTT-CFTC).
"L'enquête porte sur trois agences sur un réseau de 450 agences. Nous avons nous-mêmes diligenté une enquête interne pour faire le point sur cette affaire et nous nous réservons le droit de porter plainte pour dénonciation calomnieuse contre la CFTC", a expliqué Nathalie Jaoui. "Que certains agents n'aient pas payé certaines indemnités de fin de mission, dans certains cas et pour certains intérimaires, cela est possible et fait l'objet de vérifications, mais nous démentons formellement l'existence d'un système organisé dans notre réseau", a-t-elle ajouté.
Poursuivi en diffamation
De source judiciaire, on indiquait que l'enquête portait sur une dizaine d'agences du réseau Crit. Une expertise a été diligentée pour évaluer le nombre d'intérimaires qui auraient pu être victimes des faits dénoncés.
Avant de saisir la justice, un délégué syndical de la CFTC avait dans un premier temps dénoncé les faits, dans un courrier, à la direction de l'entreprise. Il "a été poursuivi en diffamation par Crit pour ce courrier en septembre 2005 mais la cour d'appel l'a relaxé le 24 janvier 2007, estimant qu'il avait apporté la preuve de sa bonne foi et qu'il entrait dans le cadre de ses attributions de dénoncer des faits préjudiciables aux salariés", selon Me Bruno Prémare, avocat de la CFTC du travail temporaire.
"Comme nous n'avions pas eu de plainte d'intérimaire, nous avions demandé au délégué de nous apporter la preuve de ses affirmations mais nous n'avons eu aucun retour de la CFTC", s'est défendue Nathalie Jaoui en précisant que le délégué était le chef de secteur des trois agences mises en cause. Le délégué syndical fait actuellement l'objet d'une procédure de licenciement qui, selon la direction de Crit, n'aurait aucun lien avec cette affaire.
D'après agence
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