Le juge Bernard Borrel © TF1-LCI/DRAprès le ministère des Affaires étrangères, celui de la Justice : les juges Fabienne Pous et Michèle Ganascia ont entamé vendredi matin une nouvelle perquisition. Celle de la veille avait débuté jeudi à 10 heures pour s'achever vers 21 heures. Une perquisition marathon pour le moins inhabituelle au Quai d'Orsay, et décidée dans le cadre d'une enquête judiciaire sur d'éventuelles pressions exercées sur la justice dans l'affaire du juge Borrel, retrouvé mort en 1995 à Djibouti. La responsabilité présumée du président djiboutien et de membres de son entourage a été évoquée lors de l'instruction par plusieurs témoins. Djibouti a conclu à un suicide mais l'enquête française privilégie la thèse d'un assassinat.
Parmi les bureaux fouillés jeudi par les juges, qui ont effectué des copies et emporté de nombreux documents, celui du propre directeur de cabinet du ministre, Pierre Vimont. Trois avocats représentant la plaignante, Elisabeth Borrel, veuve du juge décédé, étaient présents. L'un d'eux, Me Olivier Morice, s'est dit "satisfait de constater que des magistrats indépendants cherchaient la vérité sur ce qui apparaît comme des pressions du pouvoir politique sur l'autorité judiciaire".
Les accusations d'Hervé Ladsous
Cette affaire dans l'affaire a démarré après une déclaration officielle du Quai d'Orsay du 29 janvier 2005, assurant qu'une copie du dossier d'instruction français relatif au décès de Bernard Borrel serait "prochainement transmise à la justice djiboutienne", qui en avait fait la demande. Or, quelques jours plus tard, la juge chargée de l'enquête, Sophie Clément, refusait cette transmission. Elle estimait notamment que la demande de Djibouti avait "pour unique but de prendre connaissance (...) de pièces mettant en cause le procureur de la République de Djibouti". La juge a d'ailleurs délivré en octobre 2006 des mandats d'arrêt contre le procureur et le chef des services secrets de Djibouti pour une éventuelle "subornation de témoins".
Elisabeth Borrel a déposé une plainte avec constitution de partie civile pour des "pressions sur la justice", visant directement l'ex-porte parole du Quai d'Orsay, Hervé Ladsous, aujourd'hui ambassadeur de France en Chine. L'information judiciaire a été confiée le 2 mars 2006 aux juges parisiennes qui ont ordonné la perquisition de ce jeudi. Le premier acte majeur de cette affaire a eu lieu avec l'audition comme témoin assisté d'Hervé Ladsous le 21 mars. Selon une source proche du dossier, ce dernier a mis en cause devant les juges la Chancellerie, affirmant qu'il s'était contenté de publier un communiqué préparé par le cabinet du ministre de l'époque, Dominique Perben, qui était dirigé par l'actuel procureur général de Paris, Laurent Le Mesle. "Il y a visiblement quelqu'un qui a fait une grosse boulette à la Chancellerie", a notamment déclaré Hervé Ladsous aux juges, selon le Canard enchaîné.
D'après agence
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