Le drame du bus de Marseille reconstitué

le 13 avril 2007 à 07h57 , mis à jour le 13 avril 2007 à 21h16

Le but était de préciser les responsabilités des protagonistes. Près de six mois après l'incendie, Mama Galledou, brûlée à 60%, reste en rééducation.

TF1/LCI : Reconstitution de l'incendie d'un bus de la Régie des transports de Marseille (12 avril 2007)Reconstitution de l'incendie d'un bus de la Régie des transports de Marseille (12 avril 2007) © TF1/LCI

Pas question de revenir sur les lieux mêmes du drame, pour des raisons évidentes de sécurité... et de sérénité de l'enquête. C'est donc sur la base de la Sécurité civile de Marignane, près de Marseille, que s'est déroulée dans la nuit de jeudi à vendredi la reconstitution de l'incendie criminel du bus de la Régie des transports marseillais  en octobre dernier. Il avait fait une blessée grave, une jeune femme de 26 ans. Tout s'est déroulé sous sécurité renforcée. Vers 19h30, un bus de la RTM, réquisitionné pour la reconstitution, s'est présenté à l'entrée de la base, suivi peu après par deux fourgons de transport de justice, escortés par la police. Le site était inaccessible aux journalistes et au public, en vertu d'une décision des deux juges d'instruction chargées du dossier.

Mama Galledou, la jeune femme qui avait été grièvement brûlée lors de l'incendie, n'a pas assisté à cette reconstitution en raison de son état de santé. "Il est absolument impossible qu'elle sorte de son centre de rééducation", avait annoncé avant la reconstitution son avocat, Me Jean Boudot. "C'est un miracle qu'elle soit encore en vie", avait-il ajouté en soulignant que grâce "à une volonté impressionnante", elle arrive à se servir de l'eau et à boire seule, "ce qui était encore inimaginable il y a un mois". Tout juste diplômée d'un master en nutrition et sécurité alimentaire de l'université de Marseille, Mama Galledou avait été brûlée sur plus de 60% de sa surface corporelle.

Deux versions s'affrontent

Selon des témoignages, un groupe de jeunes était entré dans le bus 32 dans la soirée du 28 octobre 2006, aspergeant les fauteuils d'essence avant d'y mettre le feu. Huit adolescents, tous mineurs au moment des fait (15 à 17 ans), interpellés à Marseille dans les semaines qui ont suivi le drame, ont été mis en examen pour incendie volontaire ayant entraîné une infirmité ou une mutilation permanente, un chef puni d'une peine maximale de 30 ans de réclusion. Ils sont écroués depuis. Quelques jours après l'arrestation des premiers d'entre eux, le procureur de la République de Marseille, Jacques Beaume, avait précisé qu'ils n'étaient pas connus comme "des délinquants d'habitude" mais davantage comme des "trublions de banlieue". Il avait évoqué une action "par mimétisme" avec les événements en région parisienne où plusieurs bus avaient été incendiés, un an après les émeutes urbaines de 2005.

La reconstitution avait pour but de contribuer à cerner le degré de participation de chacun des mis en examen. Si elle n'a pas permis de déterminer précisément les responsabilités, et notamment le point crucial (qui a déclenché l'incendie), elle a, selon un des avocats présents jeudi soir à la base de la Sécurité civile de Marignane, permis de confronter les versions, permettant de "progresser vers la vérité judiciaire". Deux des mis en examen sont particulièrement soupçonnés. "Cette reconstitution est un acte d'instruction parmi d'autres. On ne peut pas tirer de conclusions précises sur la participation d'un tel ou d'un tel sur la mise à feu du bus. Cela est prématuré", a conclu une source judiciaire.

D'après agence

le 13 avril 2007 à 07:57
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3 Commentaires

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  • Marion, le 13/04/2007 à 11h06

    Tout a fait d'accord avec pierre de paris, pourtant je n'aime pas sarko et je suis contre la répression a outrance, mais la peine que j'éprouve en pensant à cette étudiante à l'avenir gaché n'a d'égal que le mépris et l'incompréhension que m'inspirent ces stupides connards... en effet, il faut que leur cas soit séverement traité afin que les autres incendiaires et criminels en puissance comprennent qu'on ne joue pas avec la vie des autres... ca parait élémentaire mais la connerie profonde de certains et la terrible gravité de leurs actes dépassent carrément les bornes! ils ont gaché la vie de Mama sans aucune raison, une bonne peine de prison c'est la moindre des choses!!!!

  • Help me im in hell, le 13/04/2007 à 10h00

    Le probleme c'est que des "saloperies" connues des services de police, ou du quartier c'est habituel et que la lesgislation est telle que tant qu'ils ne sont pas majeurs ou qu'ils ne tuent personnes, ils sont libres. La justice en France est hallucinante.

  • Pierre, le 13/04/2007 à 09h08

    Ils n'étaient connus que comme des "trublions", ils sont désormais connus comme des criminels. Les français en ont marre de la culture de l'excuse et du laxisme teinté d'humanisme dévoyé. Quand on asperge les gens avec de l'essence avant d'y mettre le feu, on n'est plus un "trublion" excusable au motif d'habiter une cité "sensible" et d'être "jeune" (parfois jusqu'à 35 ans !). Ces tristes individus n'ont pas seulement agi par "mimétisme"; ils ont attaqué ce bus avec la certitude infernale de ne jamais être retrouvé et en tous les cas jamais punis, ou si peu ! C'est CELA qu'il faut changer.

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