Reconstitution de l'incendie d'un bus de la Régie des transports de Marseille (12 avril 2007) © TF1/LCIPas question de revenir sur les lieux mêmes du drame, pour des raisons évidentes de sécurité... et de sérénité de l'enquête. C'est donc sur la base de la Sécurité civile de Marignane, près de Marseille, que s'est déroulée dans la nuit de jeudi à vendredi la reconstitution de l'incendie criminel du bus de la Régie des transports marseillais en octobre dernier. Il avait fait une blessée grave, une jeune femme de 26 ans. Tout s'est déroulé sous sécurité renforcée. Vers 19h30, un bus de la RTM, réquisitionné pour la reconstitution, s'est présenté à l'entrée de la base, suivi peu après par deux fourgons de transport de justice, escortés par la police. Le site était inaccessible aux journalistes et au public, en vertu d'une décision des deux juges d'instruction chargées du dossier.
Mama Galledou, la jeune femme qui avait été grièvement brûlée lors de l'incendie, n'a pas assisté à cette reconstitution en raison de son état de santé. "Il est absolument impossible qu'elle sorte de son centre de rééducation", avait annoncé avant la reconstitution son avocat, Me Jean Boudot. "C'est un miracle qu'elle soit encore en vie", avait-il ajouté en soulignant que grâce "à une volonté impressionnante", elle arrive à se servir de l'eau et à boire seule, "ce qui était encore inimaginable il y a un mois". Tout juste diplômée d'un master en nutrition et sécurité alimentaire de l'université de Marseille, Mama Galledou avait été brûlée sur plus de 60% de sa surface corporelle.
Deux versions s'affrontent
Selon des témoignages, un groupe de jeunes était entré dans le bus 32 dans la soirée du 28 octobre 2006, aspergeant les fauteuils d'essence avant d'y mettre le feu. Huit adolescents, tous mineurs au moment des fait (15 à 17 ans), interpellés à Marseille dans les semaines qui ont suivi le drame, ont été mis en examen pour incendie volontaire ayant entraîné une infirmité ou une mutilation permanente, un chef puni d'une peine maximale de 30 ans de réclusion. Ils sont écroués depuis. Quelques jours après l'arrestation des premiers d'entre eux, le procureur de la République de Marseille, Jacques Beaume, avait précisé qu'ils n'étaient pas connus comme "des délinquants d'habitude" mais davantage comme des "trublions de banlieue". Il avait évoqué une action "par mimétisme" avec les événements en région parisienne où plusieurs bus avaient été incendiés, un an après les émeutes urbaines de 2005.
La reconstitution avait pour but de contribuer à cerner le degré de participation de chacun des mis en examen. Si elle n'a pas permis de déterminer précisément les responsabilités, et notamment le point crucial (qui a déclenché l'incendie), elle a, selon un des avocats présents jeudi soir à la base de la Sécurité civile de Marignane, permis de confronter les versions, permettant de "progresser vers la vérité judiciaire". Deux des mis en examen sont particulièrement soupçonnés. "Cette reconstitution est un acte d'instruction parmi d'autres. On ne peut pas tirer de conclusions précises sur la participation d'un tel ou d'un tel sur la mise à feu du bus. Cela est prématuré", a conclu une source judiciaire.
D'après agence
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