L'ex-ministre Charles Pasqua et Jean-Christophe Mitterrand, fils de l'ancien président © TF1/LCILe juge Philippe Courroye, chargé de l'affaire des ventes d'armes à l'Angola, a signé jeudi son ordonnance qui renvoie devant le tribunal correctionnel de Paris 42 personnes dont l'ex-ministre Charles Pasqua et Jean-Christophe Mitterrand, fils de l'ancien président, soupçonnés d'avoir reçu d'importants dessous-de-table. Le magistrat a signé ce document une semaine après les réquisitions du parquet, le 28 mars, une information révélée jeudi soir par le site internet Le Point.fr. C'est la deuxième fois que le juge Courroye renvoie en correctionnelle Charles Pasqua : en juin 2006, il avait déjà signé une ordonnance dans une affaire de financement présumé illégal de sa campagne européenne de 1999.
Au coeur de l'affaire des ventes d'armes à l'Angola, surnommée "Angolagate" par la presse, l'homme d'affaire français Pierre Falcone et son associé Arcady Gaydamak, tous deux en fuite à l'étranger, sont les maîtres d'oeuvre présumés de l'opération. Des armes en provenance d'Europe de l'Est ont été vendues, sans autorisation officielle des autorités françaises, pour environ 790 millions de dollars entre 1993 et 2000. Parmi les matériels militaires fournis au régime angolais se trouvaient notamment des chars, des hélicoptères, diverses munitions, ainsi que six navires de guerre destinés au régime du président Jose Eduardo Dos Santos, alors en guerre contre l'Unita de Jonas Savimbi, mort en 2002.
D'Attali à Sulitzer, la liste des bénéficiaires présumés est longue
Falcone et Gaydamak auraient perçu à eux deux environ la moitié des 790 millions de dollars de bénéfices rapportés par les ventes, avant d'en redistribuer une partie pour asseoir leur influence en France. Dans son réquisitoire de 500 pages, le procureur demandait leur renvoi notamment pour "trafic d'influence et commerce illicite d'armes". Outre Mitterrand et Pasqua, la liste des bénéficiaires présumés de largesses de la part du tandem Falcone-Gaydamak, comprend l'ex-conseiller de François Mitterrand Jacques Attali, le romancier Paul-Loup Sulitzer, l'ex-préfet du Var Jean-Charles Marchiani, le député UMP et ex-magistrat Georges Fenech, ou encore l'ancien conseiller diplomatique de Pasqua, Bernard Guillet. Conformément aux réquisitions du parquet, le juge a décidé de renvoyer ces derniers devant le tribunal.
Gaydamak, qui dispose des nationalités russe, française et israélienne, ainsi que de passeports diplomatiques du Canada et d'Angola, s'est déclaré prêt à se présenter à la justice française, dans une interview publiée le 30 mars dans le journal israélien Yediot Aharonot. "Je suis prêt à prendre le premier avion, à me présenter à la justice et même à prendre le risque d'être inculpé à condition que les autorités françaises s'engagent à ne pas m'écrouer, contre une caution et le dépôt de mon passeport", avait-il affirmé au quotidien.
D'après agence
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