© AFP - JEAN-PHILIPPE KSIAZEKTrois dépouilles retrouvées dans des rivières du Bas-Rhin, atrocement mutilées dans la région du bas ventre et partiellement dénudées. Trois meurtres commis en l'espace de deux semaines à l'été 2004 pour lesquels comparaît à partir de mercredi et pour trois mois Pierre Bodein devant les assises du Bas-Rhin.
Après avoir été enlevées, séquestrées et tuées, les victimes, deux jeunes filles, qui avaient en outre été violées, et une femme de 38 ans, avaient été retrouvées gisantes dans des rivières situées dans les environs d'Obernai. Les enquêteurs avaient rapidement suspecté et interpellé Pierre Bodein, âgé de 59 ans, dont la voiture blanche avait été repérée par des témoins près du lieu de disparition de Julie, 14 ans. Ils avaient ensuite retrouvé des empreintes génétiques des victimes dans la voiture et sur un couteau lui appartenant. Dix-huit autres personnes, membres de deux clans de nomades sédentarisés d'Artolsheim et de Saint-Pierre (Bas-Rhin) seront également jugées pour les faits dont a été victime la petite Jeanne-Marie, 10 ans. La majorité d'entre eux, très limités intellectuellement, souvent illettrés et alcooliques, ont fait des témoignages qui n'ont cessé de varier au fil des mois.
"Il est dans le déni le plus absolu"
50.000 pièces ont été versées au dossier et la seule lecture de l'acte d'accusation durera trois jours, tandis que 125 témoins et une trentaine d'experts sont cités. Les premières semaines seront consacrées à l'exposé des trois affaires, les examens de personnalités et les experts psychiatriques n'intervenant qu'à partir de la mi-juin. Les débats risquent d'être particulièrement pénibles pour les parties civiles, en raison des nombreux éléments choquants du dossier et notamment des mutilations subies par les victimes.
Détenu à la prison de l'Elsau à Strasbourg, le prévenu clame son innocence depuis trois ans : "Il est dans le déni le plus absolu" et insiste sur le fait qu'il n'est pas "un violeur d'enfant", insiste son avocat. Personnage hors du commun, ce multirécidiviste surnommé "Pierrot le fou" a déjà passé une trentaine d'années de sa vie derrière les barreaux d'une prison ou d'un hôpital psychiatrique, à la grande perplexité des experts qui n'ont jamais réussi à se mettre d'accord sur l'état de sa santé mentale.
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