
7 août 2005. Ce jour là un fort mistral souffle sur la côte, et les habitants de la commune de Sausset-les-Pins, dans les Bouches-du-Rhône reçoivent une étrange pluie : dix à vingt tonnes d'hydrocarbures, échappées d'une colonne de distillation de la raffinerie de Provence Total-La Mède située à 8 km au nord, retombent sur la commune. Sept cents maisons sont touchées.
Vendredi, Total comparaît pour expliquer pourquoi l'entreprise n'a peut-être pas appliqué ce jour là les mesures de sécurité et d'alerte. Gilbert Sandon, le responsable de la Drire (Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement), dénonce l'attitude du groupe pétrolier "On parle d'erreurs humaines c'est un fait, mais ce qu'on reproche à Total c'est de ne pas avoir mis en place un système pour rattraper le coup avant que ça dérape". Il a aussi insisté sur le fait qu' "aucune supervision n'a été réalisée pendant le redémarrage d'une colonne de distillation de brut un week-end durant les vacances d'été, juste après une grève." Pour Ludovic Pilling, le procureur, "tout cela traduit un manque de considération pour les enjeux de sécurité et d'environnement."
" La mauvaise foi de Total "
Plus d'une trentaine de parties civiles étaient présentes à l'audience : les habitants de la communes de Sausset-les-Pins, une entreprise d'extraction de calcaire et des associations de protection de l'environnement, comme la Ligue de protection des oiseaux. Leurs avocats ont dénoncé "la mauvaise foi" et "l'arrogance" de Total. Pourtant, l'entreprise s'apprête à plaider la relaxe car la responsabilité de cet épisode pèse selon elle sur quatre salariés déjà sanctionnés. Elle rappelle que 1,7 million d'euros ont déjà été versée en indemnisation et en études environnementales. Le maire de la commune, Eric Diard, a souligné que "l'incident aurait pu se transformer en catastrophe si le mistral n'avait pas poussé le nuage d'hydrocarbure loin de la raffinerie." Les parties civiles réclament près de 2 millions d'euros de dommages et intérêts.
Ce qui importe au-delà de la sanction, c'est qu'il y ait une déclaration de culpabilité", a déclaré le procureur Ludovic Pilling pour qui une condamnation de Total serait "la première d'une juridiction répressive française" contre le groupe pétrolier. Le procureur a requis deux amendes de 7500 euros ainsi qu'une autre de 750 euros. Le jugement a été mis en délibéré au 8 juin.
D'après agence
Retour MYTF1
Chargement en cours...




