Claude Lipsky à l'ouverture de son procès devant le TGI de Versailles pour des placements supposés fictifs (21 mai 2007) © TF1/LCIPlus de trente ans après le retentissant scandale politico-financier du Patrimoine foncier qui lui avait valu en 1976 une condamnation à huit ans de prison, Claude Lipsky, aujourd'hui âgé de 74 ans, comparaît à nouveau, et libre, devant le tribunal de grande instance de Versailles pour des placements supposés fictifs.
Le prévenu a déclaré quelques minutes avant l'audience vivre "très mal ce procès", tandis que les victimes, qui se sont déplacées moins nombreuses que prévu, ont clamé leur "grande satisfaction de le voir lui et ses complices comparaître" devant la justice. "Cela fait sept ans que nous attendions ce rendez-vous", a déclaré le président de l'association "Ardiplent", qui regroupe 325 victimes militaires. "Ils m'ont volé le fruit de toute une vie de travail", a dénoncé Jean-Marc Tonnini, ancien officier de l'armée de l'air qui a perdu 90.000 euros. "Nous sommes là pour réclamer la réparation de notre préjudice qui s'est fait avec la complicité d'une banque qui doit payer".
Deux militaires pour endormir la méfiance
Dans l'affaire du Patrimoine foncier, une société civile de placements immobiliers, Claude Lipsky était parvenu à convaincre 14.000 épargnants de lui confier entre 1969 et 1971, 151 millions de francs dont il avait détourné 43 millions. Cette fois-ci, l'homme d'affaires est soupçonné d'avoir lancé des souscriptions auprès de militaires français basés principalement à Dakar et Djibouti, auxquels il faisait miroiter des placements immobiliers à des taux alléchants grâce à un logiciel miracle capable d'analyser les flux boursiers à long terme. Au total entre 1986 et 1999, quelque 400 militaires se sont laissés séduire et 30 millions d'euros se sont évaporés dans la nature.
Claude Lipsky qui se dit innocent et victime d'un renversement de conjoncture, a déjà été condamné en janvier 2006 par la cour d'appel de Monaco à cinq ans de prison et 20.000 euros d'amende pour la seule période de 1997 à 1998 où il avait déménagé ses affaires sur le Rocher. Une centaine de militaires avaient déposé plainte en principauté, en juillet 2003 et janvier 2004, dénonçant un préjudice estimé à quelque 3,5 millions d'euros. La justice monégasque avait délivré un mandat d'arrêt à l'encontre de Lipsky, absent à l'audience "pour raisons médicales", une excuse que "l'escroc du siècle" pourrait encore avancer ce lundi afin de ne pas honorer son nouveau rendez-vous judiciaire.
"Escroquerie" et "blanchiment aggravé"
Pour pénétrer dans les bases, Lipsky aurait recouru au lieutenant-colonel Claude Derusco et au général Pierre Haubois, également mis en examen et tous deux lundi à la barre. Ils auraient joué de leur qualité pour convaincre leurs frères d'armes. Les deux militaires qui prétendent avoir été manipulés auraient touché 8 % de commission sur chaque placement. Ils ont, tout comme Lipsky, déjà été jugés à Monaco, dont la cour d'appel a confirmé la condamnation à 2 ans de prison et 20.000 euros d'amende infligée au lieutenant-colonel Claude Derusco, mais a relaxé le général Pierre Haubois, condamné à la même peine que Derusco en première instance.
Dernier maillon du système, la banque genevoise Sofipriv, aujourd'hui baptisée Société Bancaire Privée (SBP), est soupçonnée d'avoir fourni entre 1987 et 1997 un compte à Claude Lipsky pour déposer les chèques et des sociétés offshore pour recycler l'argent. La SBP comparaît pour "escroquerie" et "blanchiment aggravé" d'argent.
(D'après agence)
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