Alain Juppé à Bordeaux. © TF1/LCIAlain Juppé a confirmé mercredi dans un communiqué qu'il avait été entendu la veille à Nanterre "dans le dossier dit des emplois fictifs de la ville de Paris". L'ancien Premier ministre avait été convoqué à 18h30 pour être entendu par des policiers de la Division nationale des investigations financières (DNIF), selon le parquet de Paris; son audition avait pris fin vers 22h30. "J'ai naturellement répondu à cette demande et apporté autant que je le pouvais pour des faits remontant à près de 20 ans, des réponses aux questions qui m'ont été posées, comme il va de soi pour un témoin", a ajouté le maire de Bordeaux.
Le maire de Bordeaux était entendu en tant qu'ancien adjoint aux Finances de la Ville sur commission rogatoire de la juge d'instruction Xavière Simeoni. Après son départ de l'Elysée mercredi, Jacques Chirac pourrait aussi être auditionné, en tant qu'ancien maire de Paris, selon des sources proches du dossier. Mais cette audition ne pourra se faire qu'au terme de son immunité présidentielle, soit un mois après son départ de l'Elysée, comme le prévoit l'article 67 de la Constitution.
Période concernée : de 1983 à 1998
Le dossier des chargés de missions de la Ville de Paris est une affaire d'emplois de complaisance présumés, payés par le cabinet du maire de Paris avant 1995, au bénéfice de proches du RPR. Cette enquête a été ouverte en 1998 et concerne la période allant de 1983 à 1998.
Cinq anciens directeurs de cabinet de la mairie de Paris sont notamment mis en examen pour "détournement de fonds publics" : Robert Pandraud (1983-1986), Daniel Naftalski (1986-1989), Michel Roussin (1989-1993), Rémy Chardon (1993-1995) et Bernard Bled (1995-1998). L'ancien secrétaire général de Force Ouvrière (FO) Marc Blondel est poursuivi pour avoir bénéficié pendant dix ans d'un garde du corps payé par la ville. Marc Blondel avait reconnu une "erreur" et a depuis remboursé tous les salaires indus. En tout, une vingtaine de personnes sont mises en examen.
Alain Juppé avait rejoint le cabinet de Jacques Chirac lorsque ce dernier avait été élu maire de Paris en 1977. Chargé de mission à ses côtés, puis directeur général de la commune de Paris (1980-1982), il était devenu deuxième adjoint au maire, chargé des Finances (1983-1989), puis troisième adjoint (1989-1995). Le maire de Bordeaux est pressenti pour devenir le n°2 du premier gouvernement du président Nicolas Sarkozy, au poste de ministre de l'Environnement, du Développement durable, de l'Energie et des Transports.
L'entrée de Juppé au gouvernement est compromise, selon Ayrault |
L'audition d'Alain Juppé compromet son entrée au gouvernement, a estimé mardi sur LCI Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale. "Il y avait une parenthèse constitutionnelle concernant Jacques Chirac, et comme il quitte ses fonctions je pense que le cas d'Alain Juppé fait partie certainement de la suite judiciaire", a poursuivi Jean-Marc Ayrault. Concernant Jacques Chirac, il assure ne pas être "pour la revanche": "Je n'ai pas d'acrimonie particulière à l'égard de la personne de Jacques Chirac, mais je pense que pour des raisons de principe il faut que la justice aille jusqu'au bout et la justice devra, pourra, j'espère, faire son travail en toute indépendance. Il ne faut mettre aucune entrave à l'exercice de la justice qui doit agir en toute indépendance". |
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